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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 05:50
Mais on va le prendre où, l'argent?

Voilà une des phrases qui doit être dans mon top 5 des phrases qui, soit me font sourire, pester intérieurement, ou carrément qui m'énervent.

 

Cadre:

Période électorale. Chaque candidat y va de ses phrases plus ou moins choc. Les réseaux sociaux fourmillent de photos/vidéos/citations indignées, élogieuses...Mon FB le premier d'ailleurs. Ce qui est con, hein, vu que ceux du même bord que moi savent bien qui je vote, quand je vote, et les autres ben je ne les ferait pas changer d'avis avec des posts facebooks, aussi percutants qu'ils soient.

Le candidat qui m'a convaincue d'aller aux urnes a une bête de programme. Et une bête d'équipe pour l'expliquer aux cons électeurs. Le genre de programme qui, s'il peut être en mesure de l'appliquer (faut pas se leurrer hein, le président n'est pas omnipotent), améliorerait vraiment les conditions de vie en France, de la majorité des gens. Pis + sur l'écologie, + sur les droits des animaux, + sur les droits des femmes, bref + partout où il faut.

Et on entend à l'explication de son programme, que oui c'est bien beau (de viser le bonheur de la population, what else?) mais que...

" revaloriser, embaucher, augmenter, défendre, c'est bien joli mais où va t'on prendre l'argent?".

 

Changement de cadre:

Salle des profs. Tendance gauchistes, les profs, mais pas trop. Discussion sur les retraites. "faut pas trop compter dessus le système actuel ne peut pas durer moi je prends une complémentaire blablabla". Moi je demande pourquoi, dans un pays "riche" tout de même, on ne pourrait pas partir en retraite à un âge décent et être rémunéré correctement, rapport au fait qu'on a cotisé 40 putains d'années. (J'essaye de ne plus dire putain c'est trop sexiste comme juron, mais il est tellement ancré en moi que je rame, malgré toute ma bonne volonté féministe.)

"Parce que blablabla conjoncture économique crise caisses de l'Etat vides blablabla ramassis de foutaises journalistiques".

"Parce que c'est plus possible avec le chômage des jeunes voyons, qui va payer les retraites quand les retraités seront plus nombreux, vivront de plus en plus vieux, forcément on ne meurt plus à 70 ans maintenant blablabla on n'est plus en période de croissance c'est plus 1960 blabla."

"Ou va t'on prendre l'argent?"

Etonnant comme des gens qui ne sont ni ministres ni économistes semblent connaître l'éat des caisses publiques d'ailleurs. Etonnant comme tous se sentent omniscients en la matière "Il n'y a plus d'argent". Ah bon? Et d'où tu sais ça, toi? Ah oui, tu l'as entendu aux infos. Hum hum. Paraît aussi qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak, ils l'ont dit aux infos.

 

Encore un exemple de cadre:

Discussion sur le nombre de fonctionnaires en France avec des voisins. Les services publics sont de plus en plus à chier, faut bien le dire. Les fonctionnaires en général font bien ce qu'ils peuvent mais sont en sous effectif. Beaucoup de postes de départ en retraite ne sont  pas remplacés.

Et l'hôpital, on en parle partout, les gens s'indignent, les urgences sont un vrai foutoir indécent tellement que perso pour que j'y aille faut que j'ai pris une balle, au moins. Le personnel est sous payé et surexploité...tout le monde en a conscience mais personne ne se dit que ce serait bien de voter pour le gars qui dit qu'on va arranger ça en augmentant le personnel et en améliorant leurs conditions de travail.

Et chez les profs, le nombre de vacataires augmente à vue d'oeil. Pas formés, sous-payés, exploités, comment veux tu qu'ils fassent du bon boulot? (Je t'en parle ici si jamais ça t'intéresse de savoir qui enseigne à tes enfants).

Nous sommes deux professeures-documentalistes dans mon CDI, pour 900 élèves. Toutes les deux à temps partiel, et pas complétées. Comment faire notre travail correctement, et ouvrir le CDI au maximum dans ces conditions?

La liste est infinie. Tout le monde en convient, en général: il n'y a pas assez de fonctionnaires.

Cependant quand on parle de recruter: "mais ça coûter cher, où va t'on prendre l'argent?"

Mais on s'en fout de là où on va le prendre, il rentre le pognon tout de même. Si ce n'est pas pour avoir un service public correct, tu les payes pourquoi, tes impôts? Pour financer les campagnes électorales des partis? Pour bombarder la Syrie? Pas moi!

 

Dernier exemple de cadre:

Discussion avec des copains sur le déremboursement des médicaments, les dépassements d'honoraires, les frais dentaires et de vue, bref la sécu.

On convient tous que voir clair, c'est pas du luxe. Avoir des dents non plus. Voir des spécialistes parfois, il faut. Avoir une chambre individuelle à l'hôpital quand tu viens de te faire césariser ou autre opération sympa, ça permet de mieux récupérer. Les anecdotes fusent...on cotise, pas qu'un peu, et on doit encore payer pour se faire soigner. On est obligés d'avoir des mutuelles sinon c'est la ruine, et même avec des mutuelles on n'est pas bien remboursés, l'orthodontie des enfants nous coute les vacances, le RDV anésthesiste pré-opératoire me coûte 50e de ma poche, etc.

Mais quand je me mets à parler de santé "gratuite" (parce qu'on cotise hein, c'est pas gratuit!), quand j'explique que dans certains pays on cotise et ensuite on ne paye ni médecin ni médicaments et encore moins hôpital, on me répond "ah mais ça coûte trop cher! Où va t'on prendre l'argent?"

On peut rallonger la liste pendant un moment. Les transports en commun, l'autoroute, les services à la personne, les cantines scolaires, les maisons de retraites, les crèches...

 

On peut trouver pas mal d'autres cadres à mon avis!

 

Je vais te dire ce que j'en pense.

D'abord "on" est un con, comme dit le diction. C'est qui ce "on" qui doit "prendre l'argent"?

Je ne me sens pas inclue dans ce "on" en tous cas. Comme si c'était à nous, population, de chercher l'argent et de définir les grilles budgétaires et priorités de l'Etat?

Je paye mes impôts, mes cotisations: c'est ainsi que je remplis ma part du contrat social qui me lie au gouvernement. A lui d'utiliser cet argent (et toutes les autres rentrées) pour redistribuer, faire fonctionner le pays au mieux et rendre la vie de ses habitants équitable et agréable.

Les éventuelles dettes de l'Etat, sa gestion, ses grilles, sa redistribution en interne ne sont pas de mon ressort. Je suis prof moi, pas économiste, je ne suis pas secrétaire d'Etat à Bercy. Chacun son boulot.

"On" nous bassine avec le manque d'agent, pourtant "on" sait sortir des millions au pied levé pour tel ou tel motif, certains admirables comme aider des pays en détresse après une catastrophe météo, d'autres plus discutables comme aller bombarder je ne sais quel bled pour des raisons plus ou moins obscures. Et d'autres complètement discutables comme payer grassement des assistants parlementaires fictifs ou des campagnes électorales scandaleuses, des députés qui ne se rendent jamais à l'assemblée (perso si je ne vais pas taffer ben je ne suis pas payée et je me fais virer, pourquoi les représentants du peuple ne sont-ils pas soumis aux mêmes règles?).

Quant à la sois-disant compétitivité de la France par rapport aux autres pays, sa "grandeur", sa position commerciale en tant que vendeuse d'avions, d'armes ou de TGV, je m'en fous hein. Le bonheur des gens n'a rien à voir avec la puissance commerciale et militaire du pays dans lequel ils vivent. D'ailleurs je pourrais t'en dire sur ce que je pense des pays, des frontières, des nations. Une autre fois peut-être.

 

L'argent du pays devrait être dépensé pour que la population y vive heureuse et ait ce dont elle a besoin. Et c'est certain qu'il y en a assez. Tout est une question de priorités et de répartition. Pense-y dimanche, en allant voter.

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 05:40
Elections.

Depuis un moment, j'étais déconnectée de l'actualité en général, et du monde électoral en particulier.

 

Je suivais d'une oreille distraite la campagne, regardant d'un oeil amusé discours et débats qui me semblaient si caricaturaux qu'on aurait dit des sketchs. Les candidats, campés dans leurs rôles, jouaient comme dans une mauvaise série des personnages aux caractères plus forcés que nature. Et ils jouaient mal. Acteur, c'est un métier hein, ça s'apprend.

 

Je m'apprêtais en bonne nanar à sécher ces élections inutiles, ou à aller voter pour un petit parti qui semble représenter quelques peu mes idées et qui ne passera les 3%...quand un jour j'ai entendu à la radio une partie d'un ènième discours et j'ai prêté l'oreille.

Un mot a retenu mon attention incrédule et ahurie.

"Constituante".

 

J'ai cru halluciner, m'être trompée, avoir mal entendu, mais non, il avait bien dit constituante.

J'ai ri intérieurement.

 

Je me suis dit: "il est barré celui-là, on doit encore être deux anarchistes et trois cocos en France à comprendre le sens de ce mot. Ca doit faire 100 ans que plus personne ne le connait dans ce pays. Et les médias et les pouvoirs publics s'y sont bien attelés d'ailleurs, à le faire oublier, à grand coup de chasse aux pokemons et de ch'tis à Marseille. "

 

Mais la suite m'a fait encore plus halluciner. Il faut savoir que je suis très très très nulle pour prédire le succès. Quand j'étais collégienne, je prenais mon petit dejeuner devant les clips de M6 tous les matins avant les cours. Un jour, le premier clip de Nirvana a été diffusé. J'ai regardé ce qui allait devenir un tube incontournable et le début du grunge d'un air moqueur, en me disant: "c'est quoi ce truc bruyant, ça ne marchera jamais!". Raté.

Bref. Là, pareil.

 

En fait l'équipe des Insoumis a tellement bien fait le job qu'elle a réussi à expliquer, en un temps record, à un grand nombre de personnes un minimum ouvertes, le sens de ce mot et ce qu'il implique.

 

Comment le régime dans lequel nous sommes n'est pas une fatalité. Comment on peut reprendre le pouvoir sur les élites politiques et les lobbies financiers. Comment une nouvelle république pourrait rendre le contrôle des élus aux électeurs.

 

Pourquoi je refusais jusqu'ici ma voix au second tour à un gars qui se fait élire sur des promesses qu'il sera ensuite libre de tenir ou pas, ou de faire completement l'inverse, en se couvrant derrière la conjoncture blablabla voire en ne se couvrant même pas.

Pendant 5 ans, avec mon accord initial.

Je refusais de participer à cette mascarade de république qui ne jouait ni franc jeu ni selon des règles démocratiques (démocratie = pouvoir au peuble). C'est quoi ce régime où la politique est un métier à vie? Déconnecté du terrain? Avec des familles qui entrent en politique de mère/père en fils/fille? (Certains se sont fait guillotiner pour moins que ça). N'importe quoi, et pourtant les gens continuent à jouer le jeu.

 

Mais si on redéfinit les règles, si on permet aux électeurs de contôler leurs élus, de les renvoyer s'ils ne font pas le job pour lequel ils ont été élus, alors là, ça m'intéresse.

 

J'ai donc suivi cette campagne d'un oeil nouveau. J'ai cru rêver en voyant des gens donner leurs voix à des candidats corrompus jusqu'au os, qui refusent d'aller aux convocations des juges, qui piquent allégrement dans toutes les caisses en disant aux smicards qu'ils vont devoir se serrer la ceinture pour le bien de leur Etat. A des millionaires qui s'auto-proclamment candidats du peuple alors qu'ils sont nés avec une cuillère en or dans la bouche, vivent dans des châteaux avec des domestiques, dont les programmes économiques selon des experts pourtant pas du tout cocos doubleraient la dette du pays, l'inflation des prix et les impôts...qu'est ce que la haine, la médiocrité et la peur ne font pas faire aux cons incultes, hein.

Mais encore faudrait-il qu'ils sortent de l'ignorance pour se renseigner sur leur candidat, plutot que voter par haine, parce qu'une nana a désigné des coupables pour tous leurs malheurs, ou parce que le mec a de beaux yeux.

 

L'acculturation politique dans ce pays fait vraiment peur.

 

Bref. J'ai voté parce que pour une fois j'ai entendu mes idées, je me suis sentie représentée, et j'ai la nette impression que je ne suis pas la seule.

 

Vivement les législatives.

 

 

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 06:18
Petit point sur la "bienveillance".

La bienveillance, on en entend parler à toutes les sauces. L'éducation "bienveillante" a le vent en poupe. La "bienveillance" en général aussi. Beaucoup en parlent, peu savent ce dont il est question.

 

Pourquoi? Parce qu'il ne suffit pas de lire 5 lignes d'Isabelle Filiozat pour tout savoir de l'éducation bienveillante et de la bienveillance en tant qu'attitude générale. encore moins 2 lignes sur Facebook, écrites par ta voisine.

 

J'ai un peu réfléchi à la question en réalisant sur des groupes et des forums que les plus bienveillants ne sont pas forcément ceux que l'on croit et souvent pas ceux qui s'en réclament le plus!

 

La bienveillance: qu'est ce que c'est, en fait?

 

Définition du dico: "Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui ".

Ce qui semble tendre à éviter de juger/critiquer les autres.

 

Pourtant, je fais partie de nombreux groupes"bienveillants", sur lesquels tu n'as pas intérêt à faire un écart sinon ce que tu auras comme commentaire sera aussi éloigné de la bienveillance que possible! Ne viens pas dire que tu as laissé ton bébé pleurer, que tu as crié ou pire, que tu as mis une tape!

 

Je suis aussi des groupes plus "grand public", sur lesquels on pourrait plutôt s'attendre à des jugements et des idées reçues en pagaille.

Eh bien c'est tout l'inverse...pas de crêpage de chignons, pas de jugements hâtifs, du respect, des avis, des informations...

 

Etrange, de se réclamer si fort de quelque chose qu'on ne le respecte plus.

 

J'ai récemment fait les frais de gens qui emploient ce mot dans toutes les phrases, sans manifestement en connaître le sens puisqu'ils sont dans un jugement et une critique des autres (et surtout de moi!) permanent. Ce qui donne à sourire. Va lire Gordon et reviens me parler, hein.

 

Donc, la bienveillance, c'est se mettre à la place de l'autre, essayer de comprendre, respecter ses choix, ne pas juger. Vaste programme qui est loin d'être à la portée de tous. En ce qui me concerne je vais parfois avoir un avis négatif sur les choix d'autrui. Bien sûr. Mais je garde la décence de ne pas donner mon avis quand on ne me le demande pas. Mais je ne transige pas avec certaines convictions: les électeurs du FN, je n'ai envie ni de les comprendre ne de les respecter. Et je continue à avoir beaucoup de mal avec d'autres choses, notamment en éducation, en ce qui concerne la santé...Bref. Je tire mon chapeau à ceux qui arrivent à être bienveillants sans failles. Mais je sais fermer ma bouche. Chacun sa vie, chacun ses choix. Et puis juger les gens quand on ne vit pas avec eux, hein, c'est fastoche. La crituqe est facile, et on s'occupe bien plus de la paille que de la poutre!

 

Et l'éducation bienveillante alors? C'est quoi?

 

Je n'aime pas ce terme. Il sous-entend que les autres manières d'envisager l'éducation sont "malveillantes". Ce que je ne pense pas. Comme le terme de parentalisté positive, comme si les autres étaient "négatives".

 

Une définition serait: "éducation basée sur l'écoute, la compréhension, l'empathie, la coopération et le respect de l'enfant. Et pas sur la discipline, le pouvoir et l'obéissance". Ce qui n'implique pas du tout le laxisme. Mais il faut se renseigner pour savoir comment ça marche. Juger sans connaître c'est vraiment le truc que j'essaye de ne plus faire. C'est couillon. Pourtant comme beaucoup je tombe encore dans le panneau parfois!

 

Je me réclame plutôt de RIE, qu'on peut traduire par "éducation respectueuse". Et ce que je respecte avant tout, ce sont mes propres besoins, d'ailleurs. Si le coeur t'en dit j'en parle pas mal ici. Ma chère Maman Mymou en parle ici.

 

Ce n'est pas facile au départ, de pratiquer une éducation respectueuse. Parce que ça demande de déconstruire son propre shéma éducatif. De détruire nombre de ses préjugés. D'aller à l'encontre de ce qu'on a vu, appris, de la manière dont on a été elevés nous mêmes. Et tu sais comme l'être humain a une fâcheuse tendance à reproduire!

Ca demande beaucoup de recul et de réflexion.

 

Ca demande aussi de s'instruire.Si on veut respecter son enfant, le comprendre, il va falloir le connaître. Ses stades de développement. Ses besoins. Le fonctionnement de son petit cerveau. Ce dont il est capable. Ce qu'il peut comprendre. Comment il comprend. Je te donne un exemple édifiant ici, qui montre bien les dérives que la méconnaissance des méandres cognitifs de l'enfant entraîne.

 

Ensuite, ça devient automatique, et puis quand on a commencé à déconstruire on n'arrête plus. La plupart de mes lectures sont axées RIE maintenant, et je continue à en apprendre à chaque page! D'ailleurs je pense que ce n'est jamais fini. J'ai encore des blocages, liés à ma propre histoire et à ma propre éducation, mais maintenant je le sais et quand les situations que je n'arrive pas à gérer en restant respectueuse se présentent, je tente de déléguer à l'homme. Il a ses propres blocages mais heureusement pas les mêmes! Je contine chaque jour à travailler pour m'améliorer, il me reste encore pas mal de boulot!

 

Je suis fatiguée d'entendre ce mot de bienveillance dans les conversations. Souvent mal employé. Dévoyé. Assimilé à du laxisme. Ou au contraire brandi comme un étendard. Une défense, ou même une attaque. A contre sens! Par des gens qui n'ont pas réfléchi une seconde, pas pris une once de recul, pas lu une ligne sérieuse écrite par des spécialistes. Ou pire, qui sont convaincus de savoir ce dont il s'agit alors qu'ils sont complêtement à côté de la plaque.

 

La bienveillance, au quotidien comme en éducation: on n'a pas été élevés avec, on l'apprend!

 

 

 

 
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 06:34
Prête pour le bikini.

Avril, mai: les médias recommencent à nous bassiner, nous le public féminin imparfait, avec cette injonction suprême: le maillot de bain cet été. Plus important tu meurs.

Rivalisant d'originalité année après année, magazines et site de tous poils nous font le décompte, attention, plus que 10-9-8-7-... semaines pour être prête à sortir le 2 pièces! Bouge ton gras!

 

Comme beaucoup, je m'y suis d'abord engouffrée tête la première, inquiète de ne pas répondre aux canons de la beauté en vigueur lorsque viendrait le moment de se dénuder. Sous peine de...quoi exactement d'ailleurs? Je ne l'ai jamais vraiment su, mais ça doit être vachement grave pour que 52% de la population française ou presque soit apeurée à cette terrible perspective.

 

Le regard des autres? La comparaison, sport tellement pratiqué sur les plages? Ca me semble un peu léger pour justifier des semaines à s'affamer aevc le dernier régime à la mode et le sport qui te fera le plus suer. Non, sans rire, je ne sais pas ce qu'on risque à sortir son bide mou en public.

 

Puis l'âge, la réflexion venant, je suis devenue bien critique avec ce marronnier (et les autres), devenant comme beaucoup, dénonciatrice du sexisme, des injonctions faites aux femmes encore et toujours, du contrôle de nos corps par une société patriarcale voulant sans arrêt nous ramener à notre image, postant sur les réseaux sociaux des tas d'articles montrant les méfaits de la glorification des mannequins annorexiques, etc.

 

Pour aller sur la plage, on devrait forcément être à l'image d'une Kate Moss (image qui est d'ailleurs tellement retouchée qu'elle ne ressemble pas au moindre être humain existant, pas même à Kate Moss herself)? Etonnament les hommes ne subissent pas ce genre de diktat, eux! Ah oui, tenons ces dames occupées à des futilités, de manière à ce qu'elles ne pensent surtout pas à réclammer l'égalité avec les hommes...Quand on est en dépression pour 5 kg "en trop" et qu'on crève de faim, on ne milite pas.

Bref, je revendiquais.

 

Maintenant, est-ce que ce sont mes 3 maternités qui m'ont fait aimer ce corps qui a si bien bossé? La sagesse venant avec un nombre d'années au compteur qui commence à être un peu plus grand? La certitude de savoir que qui je suis et ce que je vaux n'a aucun rapport avec un éventuel bourrelet ou une fesse molle? Une autre idée de la beauté, qui n'est plus en phase avec ce que veulent nous vendre les boîtes de marketing?

Je ne sais pas.

 

Toujours est-il qu'aujourd'hui je m'en fous mais bien comme il faut. Je regarde d'un oeil indiférent les Unes des magazines vantant la diète suédoise ou le coaching californien. Je me demande comment ça a pu m'atteindre avant.

 

Telle que je suis aujourd'hui, j'ai 3 enfants, j'allaite mon petit dernier, je bosse, j'ai subi 3 césariennes et je n'ai plus 20 ni 30 ans. Je n'ai pas fait le moindre sport depuis 2 ans, et je mange ce dont j'ai envie, quand j'en ai envie, parce qu'il faut tenir et qu'en ce moment je n'ai absolument pas une once d'énergie pour quoi que ce soit de plus que mon quotidien chargé.

 

Mon allure s'en ressent forcément: si je suis loin d'être grosse (merci le régime 3 enfants/pas de mari en semaine, les plus efficace qui soit à mon avis!), c'est mou tout ça et vraiment pas conforme à ce qu'il "faudrait" que je sois pour avoir le droit de profiter de la plage sereinement en maillot. Selon les critères du moment.

 

Pourtant, je vais me mettre en bikini, je ne vais rien ressentir d'autre que le bonheur d'être en vacances, de sentir le soleil, l'eau de la mer et le sable. Je vais jouer avec mes enfants, me baigner, bronzer, profiter et manger plein de glaces. Je ne vais pas scruter les autres, je ne vais pas m'examiner à la loupe. Je sais comme je suis, ça me va très bien comme ça. Mon corps fait le job, malgré tout ce que je lui demande, et ce ne sont pas quelques images sur du papier qui me feront le détester.

 

Comme je suis maintenant, et comme je serais demain, je suis prête pour le bikini.

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 06:28
Si les hommes avaient leurs règles...

Tu es au courant, les femmes ont leurs règles, tous les mois. Plus de la moitié de la population mondiale. Ces règles entraînent un certain nombre de désagréments, à commencer par le tabou qui les entoure. 

 

Pourtant, il serait possible de rendre cette période bien plus facile à vivre...ce qui serait le cas à mon avis si c'étaient les hommes qui avaient leurs règles. 

 

Déjà, les protections serait remboursées par l'assurance maladie. Ca t'étonne? C'est quelque chose dont on ne peut pas se passer, pas vrai? Pourquoi doit on le payer? Et plutôt cher en plus! Et les systèmes lavables, serviettes lavables ou mooncup, serait bien plus répandues. Moins chères, non polluantes et surtout sans risques sanitaires, elles auraient le vent en poupe pour préserver la santé intime de ces messieurs. Pourquoi les serviettes lavables, que j'utilise et dont je suis complètement satisfaite, sont-elles jugées sales? Du sang, c'est du sang, non? Si je me coupe la et que je tâche mes vêtements, je vais simplement les laver, non, pas les jeter? Je lave donc mes serviettes et je suis ravie de ne plus dépenser mon argent pour être en contact avec des produits toxiques et en plus polluer.

 

Les publicités pour ces protections seraient réalistes. Pas de liquide bleu, pas de mec en minishort blanc pour en vanter les mérites. C'est du sang. Ce n'est pas bleu. Ce n'est pas sale. Et personne ne met un minishort blanc en période de règles! Ces tabous entretiennent l'idée que les règles, c'est honteux, c'est à camoufler, il faut faire comme si de rien n'était...

 

Les règles, c'est souvent douloureux. Il y aurait beaucoup plus de recherche pour avoir des solutions pour soulager ces douleurs. Et 2 jours mensuels de congé payés pour les hommes pour les débuts de règle, la période où c'est le plus gênant. Dans la même lancée, le syndrome prémenstruel qui touche beaucoup de femmes serait complètement pris au sérieux. Il y aurait également des recherches bien plus poussées pour le soulager. Ce ne serait plus un moyen de décridibiliser et d'infantiliser les femmes: "oh mais t'es pénible, t'as tes règles ou quoi?" . Au contraire, ce serait un facteur de patience, d'écoute: "attend, il a ses règles quand même, donne moi ce dossier supplémentaire, je vais le traiter." "Oh, il a ses règles, aujourd'hui on lui envoie moins de clients, qu'il puisse souffler". Et à la maison mesdames seraient priées de prendre pour elles plus de tâches pour soulager ces messieurs et les laisser se reposer dans cette période d'indisposition. On peut même aller plus loin: j'imagine un procès aux Prud'hommes où un patron voudrait renvoyer un employé qui aurait insulté un client. La défense:"Mais ce client s'est montré odieux, alors que c'était le premier jour des règles de l'employé! C'est inadmissible!". Et le patron serait sanctionné et contraint de dédommager grassement son employé...Mais oui, on peut voir les choses ainsi, si on n'est pas sexiste.

 

Les règles seraient un sujet de conversation comme un autre. On saurait qui les a, quand. Les hommes iraient se changer aux WC avec leur protection à la main. Sans les cacher honteusement. En chemin, ils en parleraient. " ah tien, tu as des serviettes MAM? Moi je suis passé à la mooncup, c'est top!" Dans tous les WC publics et de travail, il y aurait des distributeurs de protections, avec du choix. Des poubelles correctes et bien tenues. 

 

Si un homme avait une fuite, il ne se cacherait pas honteusement en mettant un pull à sa taille. Il en rirait, et il aurait le droit de partir de son travail pour aller se changer chez lui.

 

Les jeunes garçons à l'école ne serait pas livrés à eux mêmes avec leurs règles. Il y aurait des cours exprès, avec des personnels spécifiques. Des sages-hommes. Qui leur expliquerait bien ce qu'il se passe en eux. Et leur montrerait les différentes manières de se protéger. On en informerait également les filles, pour qu'elles respectent bien ces périodes particulières chez leurs camarades. Les garçons auraient le droit de s'absenter de cours, de ne pas aller en gym si besoin, pendant leurs règles. Quand un garçon aurait ses premières règles, il en parlerait sans aucune honte autour de lui: sa famille, ses amis, ses professeurs. 

 

Mais ce sont les femmes qui ont leurs règles. Et notre société patriarcale utilise ce simple phénomène biologique pour les humilier, les rabaisser, les exploiter un peu plus encore.

 

 

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 05:38
Petit lexique féministe #NotAllMen

J'ai été inspirée par ce petit billet que j'ai posté, il y a quelques jours, dans lequel j'expliquais que le "tout fait maison" en vogue en ce moment ressemblait à s'y méprendre à une nouvelle injonction faite au femmes par notre bonne vieille société patriarcale.

Bref.

 

Et là, c'est rigolo, j'ai reçu des com' et des messages, pas méchants hein, mais bien conditionnés comme il faut (ou pas...)t. Comme quoi hein les gens, le sexisme ordinaire, il est vraiment ancré, là.

 

Entre les "ah mais non chez moi c'est comme ci ou comme ça que ça se passe" et les "ah mais ouais mais non parce que quand même moi je pense que c'est bien le fait maison et puis les mecs ils font la bouffe maintenant et même que moi je change les couches!".

 

Ouais ouais. On sait. Le sexisme et le féminisme ont donc encore de beaux jours devant eux.

 

Je ne vais pas faire la moralisatrice parce que je n'ai pas la prétention d'être totalement déconstruite encore, mais j'essaye. Et le peu que j'ai appris/compris, si tu veux, je vais essayer de le partager rien qu'un chouïa. 

 

Aujourd'hui je te parle "NotAllMen".

 

C'est amusant comme, quand tu parles de sexisme et d'oppression des femmes, beaucoup d'hommes se sentent attaqués directement et personnellement. Les réactions de défense, voire de contre-attaque, sont alors très courantes.

 

Un peu comme si je me sentais visée quand j'entendais des trucs attaquant tel ou tel aspect sociétal défavorisant les hommes en général. (Y en a t'il d'ailleurs?)

 

Ces messieurs qui se sentent, on se demande bien pourquoi, visés, balancent illico "mais tous les hommes ne sont pas comme ça! Moi, je fais la bouffe/sors les poubelles/passe l'apirateur/change les couches..." ou tout autre tâche ingrate qu'ils estiment être typiquement dévolue aux femmes dans les "foyers sexistes".

 

Mais ces dames ne sont pas en reste, car le conditionnement est loin d'être uniquement masculin. Tout le monde est conditionné. Tu verras alors des réactions du type "ah mais non ici mon mari fait la bouffe/sors les poubelles/passe l'apirateur/change les couches...tous les hommes ne sont pas comme ça!".

 

​Voilà une des "défense" classique: "NotAllMen."

 

D'une part, il n'est pas question de parler des individus mais de l'oppression générale (et mondiale) des femmes par les hommes, du système bien rodé et organisé qui lui permet de perdurer.

 

D'autre part, oui oui, mec, tu changes les couches, tu veux une médaille? Tu te crois spectaculaire? Exemplaire? C'est juste normal, c'est ton chiard aussi, non? On ne devrait même pas en parler.

 

L'oppression et le sexisme ne se résument pas au partage plus ou moins équitable de la gestion d'un foyer...partage fort discutable si on se base sur les chiffres: 4h par jour pour les femmes, 2h pour les hommes. Ca, ce sont des stats. On n'y peux rien. Alors oui sans doute que chez toi Monsieur réalise de jolis petits shampooings solides pour soigner écologiquement les cuirs chevelus de toute la famille (arf), avant de s'attaquer à la création de petits sarouels pour les minots (arfarf) pendant 5h par jour pendant que Madame boit une bonne bière au bord de la piscine/joue à des jeux vidéos/travaille parce qu'elle a un boulot tellement plus important et prenant et fatiguant (huhuhu) que celui de monsieur...

Sans doutes hein, si tu le dis je te crois.

 

Mais les stats sont quand même là.

 

Donc non, TOUS les hommes ne sont pas acteurs, en tout cas conscients, du système d'oppression. Ou pas de tous ses aspects.

C'est évident, et Dieu merci d'ailleurs!

 

Mais se jeter des fleurs en invoquant le NotAllMEn c'est juste nier une réalité dont nous sommes presque tous complices.

 

 

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 05:07
Le piège du fait-maison.

C'est la vogue du home-made, à fond les ballons. Tu as dû remarquer.

En cuisine, dans la salle de bain, pour les produits ménager, pour les vêtements, la déco...

 

Pas un jour ne passe sans que je ne lise un billet de blog, que je ne voie une émission de TV, que je ne tombe sur un bouquin ou un magazine...avec de beaux DIY comestibles ou pas.

C'est sympa. C'est souvent économique. C'est agréable.

C'est souvent écolo et meilleur pour la santé.

Certes.

 

Moi la première, je me suis engouffrée dans la tendance. Surtout en cuisine, j'ai toujours aimé cuisiner. Je fais le pain, les yaourts, les desserts, les plats et les crèmes glacées...

En découvrant le no-poo et les cosmétiques cleans, je bidouille aussi de ce côté.

Quant aux produits ménagers, ça fait un bon moment que je jongle entre produits cleans et faits-maison.

Concernant la déco et la couture, tu me connais hein, c'est pas mon rayon.

 

Il y a eu un moment où j'ai vraiment eu l'impression d'y consacrer du temps, beaucoup de temps...trop de temps.

 

Quand on bosse et qu'on a trois diablotins, le temps c'est un paramètre très précieux.

Alors je me suis posée un instant et j'ai réfléchi.

 

D'abord, pourquoi le home made. Pourquoi moi, je veux faire moi-même. Qu'est ce que je je veux faire moi-même.

 

Et puis, pourquoi et comment cette tendance. Féminine. Comme je crois de plus en plus à une orchestration mondiale de la société patriarcale et non plus à un "hasard" découlant de l'évolution, je me suis dit que bien peu nombreux dans les foyers sont les hommes qui cousent de petits sarouels pour leurs lardons. Qui font leurs gel-douche. Qui font des danettes maison ou du gel de lin pour remplacer leur gomina. Qui fabriquent leur lessive...

 

Pourtant ces messieurs ne sont-ils pas concernés aussi par leur santé, celles de leurs enfants, l'écologie, les économies? Pourquoi seules les femmes se lancent-elles dans ces activités certes gratifiantes et souvent agréables, mais chronophages de ouf?

 

Dans les magazines masculins, y-a-til des articles sur "comment faire soi-même sa mousse à raser"?

N'as-tu pas l'impression qu'on nous vend la femme parfaite avec une nouvelle corde à son arc: elle fait-tout elle-même?

N'as-tu pas l'impression qu'on doive limite s'excuser si on poste une photo d'un gâteau qu'on a acheté?

Ohhhh la vilaine maman nullasse, elle n'a pas fait de sweet table pour l'anniversaire de pitchoune...Elle n'a pas recyclé des branches d'arbre et des pommes de pin pour décorer la chambre de bébé...

 

Ne serait-ce pas un nouvel outil d'asservissement des femmes, cette affaire de fait-maison? Histoire d'encore plus nous occuper à des tâches pour éviter -peut-être- qu'on se demande pourquoi ces messieurs les juges condamnent un homme violent qui a tué sa compagne (c'est donc un "drame familial...") à 3 ans fermes (voire à rien du tout, homicide involontaire, les prisons sont pleines, dehors monsieur...), et une femme victime qui se défend (c'est donc un meurtre...) à 10?

Mais pardon je m'égare. Le home-made,, donc.

 

J'ai donc décidé de mettre un frein à mes productions. Je garde du temps pour mes diablotins, et je ne réalise moi-même que ce qui en vaut vraiment la peine.

Pour moi, c'est: la nourriture, mais j'ai toujours de quoi dépanner. Je fais le pain, mais j'ai du pain de mie dans un placard, ou des tranches au congélateur. Aujourd'hui, je manque vraiment de temps, alors j'ai aussi quelques plats tout prêts surgelés. Et des boîtes de conserve. quand je peux sans m'épuiser ou négliger mes enfants, je fais la popote. Sinon j'ouvre le placard ou le congélateur. En attendant de retrouver un peu de temps pour ça.

Niveau cosmétiques, ce que je fais me semble très important et ne me prend pas beaucoup de temps. Mon shikakai, mon henné, le dentifrice...Je ne fais plus de savons ni de gel douche maison. C'est long, et me semble inutile. J'achète du bon savon clean, c'est écolo et ça ne coûte pas cher, ça dure longtemps. Je me lave au rhassoul en général, ça ne prend pas de temps non plus. Plus de crème pour le visage,n mis les remplacer est rapide.

Pour les produits ménagers, c'est également rapide. Je prépare la lessive pour plus d'un mois. J'alterne avec de la lessive clean. Pour les sols, je prépare en avance pas mal de produit en 3 minutes.

 

Pour le reste, j'achète des produits les plus sains possibles...

Je ne passerais plus mes dimanches après-midi en cuisine pour préparer les menus et repas de la semaine...les goûters des enfants, j'ai recommencé à les acheter. Et si j'ai le temps, et l'envie,  on les fait ensemble avec eux.

 

Avec un peu de recul, cette mode du tout-fait maison ressemble fort à une injonction de plus et à une jolie pierre à l'édifice de l'asservissement féminin...non?

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 05:53
Si toi aussi tu aimes tes enfants plus que tout...

...clique sur j'aime et partage cette photo.

Toi aussi tu dois voir passer ce genre de statuts sur les réseaux sociaux. Assortis d'une photo avec des étoiles, ou des fleurs, des petits nounous mignons.

Tu en as peut être postés?

 

Ca m'a toujours interpellé. Non parce que ça me semble un peu évident d'abord, qu'on les aime à peu près plus que tout, nos gamins.

Mais aussi parce que ma conception de l'amour que je leur porte n'est pas de poster un statut mièvre.

Pour moi, aimer mes enfants plus que tout se traduit autrement. Et en partie par le fait de chercher à leur donner le meilleur, dans tout, tout le temps.

 

Aucun parent n'est parfait sans doute, mais j'ai vu des personnes poster de genre de truc et ensuite une photo de leur bébé de 4 mois dans un siège auto face à la route. Pourtant on sait les dangers que ça comporte aujourd'hui. Tu aimes ton enfant plus que tout, tu le clames sur Facebook, mais tu ne recherche pas pour lui la sécurité optimale en voiture. Paradoxal.

 

Le meilleur, on ne nait pas avec. Le meilleur, ça s'apprend, ça se cherche.

 

Ma manière de les aimer plus que tout?

 

Je passe du temps sur le net à lire les crash tests des sièges autos, pour choisir celui qui sera le plus adapté pour mes petits.

Je passe d'ailleurs beaucoup de temps à me rengeigner avant de choisir quelque chose pour eux, quoi que ce soit ou presque. Je veux choisir en connaissance de cause, pas parce que j'ai vu ça quelque part, parce que d'autres le font, parce que j'ai vu une pub ou qu'un docteur l'a dit.

 

J'essaye de ne pas forcément reproduire l'éducation que j'ai eue ou que j'ai vue autour de moi, parce que "c'était mieux avant" ou que "c'est comme ça que mes parents ont fait et je ne suis pas morte". Garder mes enfant en vie n'est pas ma seule ambition pour eux, vois tu.

 

Je cherche quels produits utiliser pour ne pas les empoisonner à petit feu à cause d’industries mensongères douées en com' et pour qui seul le profit compte. Coller sur le cul de mon bébé des couches blindées de produits toxiques H24 pendant 2 ans et plus, sachant que bien évidemment sa petite peau fragile est perméable à ces saloperies, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur. Le tartiner de crèmes pleines de trucs tout aussi toxiques sans même m'interroger sur ce que sont ces noms étranges dans la composition, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur.

 

Je lis les étiquettes des choses qu'ils mangent, qu'ils utilisent, que j'utilise pour eux. En cherchant ce qui est bon, ce qui est mauvais, ce qui acceptable et ce qui ne l'est pas. Donner à mes enfants des aliments susceptibles d'être cancérigènes, comme l'huile de palme contenue dans les laits infantiles, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur. Combien de parents aiment leurs enfants plus que tout, mais ne cherchent pas à savoir ce que leur bébé va manger exclusivement pendant les premiers mois de sa vie? Ce qui va le faire grandir, le construire? Paradoxal.

 

J'essaye de me renseigner, de sortir de ma zone de confort, de me remettre en question et ce que j'ai appris avec. Pour voir comment on peut faire autrement, pour voir si autrement ce ne serait pas le meilleur, peut-être. Comme le portage physiologique, la motricité libre, la DME, l'éducation non punitive...

 

Je ne dis pas que c'est le meilleur, je dis que je pense que ça l'est, pour nous.

 

Aujourd'hui avec Internet c'est facile, de chercher, de trouver, de lire, de se renseigner. C'est rapide. En tous cas plus qu'il y a 20 ans.

 

Mais c'est vrai que ca prend du temps. Ca demande de la réflexion et des discussions. De la lecture. Ca ne se fait pas en un jour. C'est un travail au quotidien. Et c'est loin d'être une science exacte...que d'erreurs j'ai pu commettre en pensant faire au mieux!

 

C'est comme ça que je les aime, plus que tout.

 

Et toi, comment tu les aimes plus que tout, tes enfants?

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 05:33
N'aie pas peur, nullipare.

Nullipare, toi qui hésite à faire un enfant. Toi qui en a bien envie mais qui lis et entends tant de choses terrifiantes sur la maternité.

La grossesse, l'accouchement, la remise en cause dans le couple, le tsunami émotionnel, le changement radical de vie, la fatigue, les cris, les nuits blanches et les vergétures...

Tu sais, nullipare, ce n'est pas forcément ce qui t'attends.

 

Quoi qu'on fasse dans la vie, ce n'est pas forcément facile. Il y a des difficultés qui rythment notre chemin. Si tu choisis de ne pas avoir d'enfant, ne crois pas que ta vie sera un long fleuve tranquille pour autant. Peut être que si, peut être que non.

 

Avoir un ou des enfants, ça peut aussi se passer en douceur. Tu peux rencontrer quelques écueils, rien d'insurmontable. Tu peux cumuler et avoir beaucoup de soucis. Tout peut aussi se passer sans problèmes.

 

Je n'aime pas les généralités. "Les gens", "les Français", "les chiens" ou "les mères", "les pères", "les enfants"...c'est con. Tout le monde est différent, et on peut aussi vivre les même choses sans avoir du tout le même ressenti.

Certains enfants font leurs nuits à la sortie de la maternité. D'autres à 2 ans. Les parents qui sont réveillés la nuit pendant des mois peuvent le vivre bien ou très mal.

 

Je n'aime pas le spectacle de Florence Foresti, je dois être la seule en France, non? Parce que justement elle énonce des généralités qui n'en sont pas...aussi drôle que ça puisse être. Quand j'emmène mes enfants au parc, je ne rêve pas de m'évader pour aller faire les soldes chez Zara. Et je sais que beaucoup de parents sont comme moi. J'aime bien aller au parc.

 

Ca laisse entendre qu'être parents, c'est chiant. En tout cas pour tout le monde.

Que la grossesse c'est horrible. Que l'accouchement c'est une boucherie. Forcément, à tous les coups.

Tu as compris l'idée.

 

Être parents ça peut être chouette, je t'assure. Sache les difficultés qu'on peut rencontrer, mais sache aussi que ce n'est pas le lot de tout le monde, pas du tout.

 

Quand ma Pouillette est née, je n'ai pas ressenti ce fameux"tsunami", par exemple. Je l'ai plus vécu pour le Cromignon, mais c'était aussi sans doute lié au fait que nous avons déménagé juste après sa naissance. Quant à Polochon, il est arrivé dans nos vies comme s'il avait toujours été là.

Je n'ai pas changé radicalement de vie non plus. J'ai adapté. J'étais bien entourée. Aujourd'hui, avec trois diablotins et beaucoup moins d'aide autour de nous, j'ai mis pas mal de choses sur pause. Il y a un temps pour tout.

Et quand il y a des moments moins funs que les autres, on se concentre sur le positif, le temps que ça passe.

Les soucis avec les enfants ont souvent ça de bien: ils sont passagers. Le temps de te prendre la tête, de chercher des solutions, paf, c'est fini. Et un autre prend le relai.

 

On peut s'épanouir dans la maternité et la paternité. Si, on peut. J'en ai vus!

Beaucoup de gens se plaignent...ne cherchent pas forcément de solutions...étalent leur mal être sur les réseaux sociaux...faisant croire au reste du monde que c'est la norme. Il n'y a aucune norme.

 

Un peu d'humour, de recul, quelques lectures, et aussi une oreille attentive pour pleurer dedans quand tu craques: voilà tes armes pour une parentalité triomphante!

 

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 06:01
Après l'accouchement...

Tu te souviens de cette photo dans Gala, de la légende et de la polémique qui s'en était suivie? J'avais bêtement foncé à l'époque, sans voir qu'une bataille virtuelle se profilait, et ce fut mon baptême du feu bloguesque.

 

Avant tout je veux donc bien préciser clairement: chaque femme devrait pouvoir se vêtir, avoir le corps, la maison et la vie qu'elle souhaite, passer l'aspi en talons de 12 si ça lui chante ou traîner en pyjama troué, et ce dans l’indifférence générale.

Mais on en est loin.

 

Et puis, on parle ici d'une femme après l'accouchement, pas n'importe quand...

Aujourd'hui je suis en plein dedans, le post-accouchement, alors je vais me permettre de l'ouvrir.

 

Voici donc Sylvie, ex miss France, un mois après son accouchement qui peut "remettre sans rougir ses stilettos". Tu vois, tout est dans le "sans rougir". Le reste est fort banal, un mannequin de 30kg tout mouillé après son accouchement, apprêté et maquillé, on connait et ça ne me choque pas: c'est son job. Elle ne va pas poser en chemise de nuit tâchée pour Gala, hein.

 

Je ne vais pas te redire tout le bien que j'en pense, si ça t'intéresse, c'est par ici.

 

Voilà l'image que la société, les médias (en tous cas celui là), renvoient aux femmes: une maison nickel, un corps conforme aux exigences de la mode, des gamins comme accessoires pour décorer parce que "bon hein quand même une femme ça fait des gosses" (!!!!) mais faut pas qu'ils prennent trop de place parce que sexuellement elle doit rester dispo et désirable pour Monsieur.

Sinon faut rougir, avoir honte de soi.

 

Les femmes, usées par cette quête permanente de la perfection selon Gala, continuent d'être aussi opprimées sans avoir le temps d'y réfléchir. Trop occupées à compter les calories. Ca occupe bien l'esprit, les calories. Et les rides, et le bordel dans la maison, le cul pas assez musclé...Histoire qu'elles ne réclament pas trop l'égalité avec les hommes et le respect de leur personne.

 

Quant aux hommes, spectateurs bienveillants la plupart du temps, ils se glorifient d'être des super papas maintenant qui "aident" à la maison. Ah, que les femmes ont de la chance d'avoir des hommes qui aident, de nos jours. De quoi on se plaint, hein?

Jamais le verbe "aider" n'a été si mal placé. Est ce que j'aide Monsieur quand je débouche le siphon de l'évier bouché ou que je remets de l'huile de moteur dans la clio?

 

Bref, me voici donc plus d'un mois après avoir accouché.

 

Ma maison est en bordel. Pas trop sale, c'est vrai, merci l'aide ménagère de la CAF. Mais la déco intérieure n'a jamais été aussi peu importante ici.

 

Je suis bien loin de (re)mettre mes stilettos, arf. Je n'en n'ai pas d'ailleurs. Forcément, j'ai vécu 35 ans dans le 93 et mon sport quotidien, courir après le RER B, c'était pas compatible avec des talons de 12, tu vois. (Mais j'aime porter des talons même s'ils ne sont pas de 12, ne me fais pas dire que je critique celles qui en ont!). J'ai de beaux chaussons violets confortables, et quand j'arrive à sortir (suites opératoires compliquées), je mets des baskets. (les talons de 12 après une césa...).

En passant, je ne te racconte pas comment je me serais fait traiter dans le RER station La Plaine Saint Denis avec des talons de 12. Le harcèlement de rue, hein.

 

Je suis bien loin aussi de remettre mes fringues habituelles. Je tourne avec 2 pantalons, 3 tshirts compatibles allaitement et 2 pulls.

Je ne suis pas coiffée ni maquillée. Ma coupe de cheveux ne ressemblent à rien vu que j'ai tout coupé pour les donner en juillet et que la repousse, c'est moche.

Je suis poilue des jambes.

Mes enfants portent des vêtements froissés.

Les nuits entrecoupées font que j'ai vraiment une sale tronche.

 

Devrais-je rougir, hein, Gala? Devrais-je me mettre à compter les propoints? A camoufler mes cernes sous du fond teint parce que les tétées nocturnes, ça fait la peau terne?

Parce qu'il n'y a pas mieux que l'auto-aliénation pour que la moitié de la population ne se pose pas de questions sur sa condition?

 

Je n'ai pas honte. Ma féminité et ma dignité ne sont pas dans mes fringues, mon tour de taille, mon maquillage, la tenue impeccable de ma baraque et de mes gamins.

Je n'ai pas honte. Moi, je m'aime bien quand même, malgré toi, Gala. Je ne t'autorise pas à me dire ce à quoi je devrais ressembler, pour avoir le droit d'être fière de moi.

 

Tu vois Gala, je mets mes chaussons sans rougir un mois après mon accouchement, avec mon corps que tu trouverais honteux et laid, et je t'emmerde.

 

 

 

 

 

 

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Le Blog Des Petits Diables

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  • : Ancienne parisienne partie au bout de la France, je raconte mon petit bout de chemin. A la maison, nous sommes 5, Polochon, le Cromignon, la Pouillette, l'homme et moi. Ca en fait des histoires! Adepte du portage, des couches lavable, de l'éducation non-punitive, du no-poo, des cosmétiques clean, maman allaitante mais pas militante, randonneuse dans l'âme et dans les pieds, et plein d'autres trucs encore...
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