Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 07:21
La fin du congé parental.

Polochon a aujourd'hui 16 mois.

Nous avions prévu avec l'homme que je resterais à la maison avec lui pendant deux ans. C'est la durée maximale du congé parental aujourd'hui, merci la réforme. Ce qui nous aurait amenés en octobre.

 

Mais il y a eu un imprévu financier. Un gros. L'homme est en poste loin de chez nous depuis septembre, ce n'était pas du tout prévu.

Plusieurs nuits d'hôtel par semaine plus les trajets en train ont complètement plombé notre budget. En même temps, qui peut se permettre de dépenser 500e par mois en plus d'une manière impromptue...si je travaillais on payerais nos factures et basta, il n'y aurait pas un centime de marge. En congé parental, nous sommes dans la pire situation financière que j'ai vécu de ma vie! Je vends tout ce que je peux, ça déstocke et fait un peu de sous, mais je t'avoue que c'est plus que raide. C'est simple, avec ces 500e qui sortent chaque mois, nos comptes ne tiennent pas même en réduisant toutes les dépenses au minimum.

 

Tout problème a une solution: nous pourrions stopper l'équitation de la Pouillette, qui nous coûte très cher.  C'est le seul budget qu'il est encore possible de réduire. Mais c'est hors de question, c'est sa grande passion et je ne l'en priverais pour rien au monde. Nous pourrions faire un prêt à la consommation. Mais rembourser pendant des années pour rester seulement 6 mois de plus (dont 2 mois de vacances scolaires...) avec Polochon à la maison, ce serait quand même ballot.

 

Alors j'ai fait la liste des avantages et inconvénients d'une reprise pour ses 17 mois, je tente de me motiver...

 

Soyons clairs, il y a d'autres "pour" que l'argent. Une reprise au printemps serait professionnellement plus douce pour moi qu'en octobre. On pourrait passer de belles vacances d'été et pourquoi pas, partir un peu (oui c'est l'argent ça, mais bon...). Je pourrais faire la rentrée dans mon nouveau collège plutôt qu'arriver un mois après comme un cheveu sur la soupe. Mes horaires de reprise seront tout de même doux puisque je serais à 80%.

 

J'ai une solution de garde correcte pour Polochon, la mam où il va en ce moment. Ca lui permettrait de ne pas être trop choqué par le changement de rythme.

 

Mais les contre sont nombreux.

C'est mon dernier bébé. Après lui, je vais bosser 25 ans d'affilée, alors je rage de ne pas pouvoir prendre 6 petits mois de pause enchantée encore, à ses côtés. Tu imagines, je vais en faire rentrer de l'argent en 25 ans...qu'est ce que 6 mois par rapport à 25 ans?

 

En France il est considéré comme "normal" de reprendre le travail quand son bébé a moins de 3 mois, alors beaucoup me disent: "oh, c'est déjà bien!". Mais cette société est juste horrible, et les normes "anthropologiques" sont bien différentes...A mon avis nombre de problèmes que notre société occidentale rencontre sont liés à cette séparation précoce. Tu as déjà vu un bébé de 10 semaines? Je pense qu'il a surtout besoin qu'on respecte son rythme, de rester bien au chaud avec sa maman ou le cas échéant, son papa...Quel mépris des besoins humains fondamentaux que ce congé maternité de même pas 3 mois! Sans parler des besoins des parents...combien de dépressions, combien de burn out sont liés à cette reprise si tôt.

 

Polochon est un petit bonhomme dégourdi et indépendant, je suis confiante dans son adaptation, mais je trouve tout de même qu'il est petit pour être gardé sans nous de 7h45 à 17h. Lui qui aime bien dormir tard, je vais le lever à 7h au plus tard.

 

Sans oublier que l'homme est loin. J'ai aujourd'hui trouvé le rythme, seule avec les trois diablotins. Mais en travaillant, je vais le sentir passer. Il va falloir retrouver un nouveau rythme, préparer les enfants très tôt le matin, les déposer, avant d'être à mon travail à 8h. Je sens qu'il va falloir que je gère beaucoup de fatigue.

 

Alors voilà, j'essaie de trouver de la motivation. Je me dis que ce sera court, qu'on sera vite en juillet pour reprendre deux mois de pause. Mais cette reprise dans un mois ne me fait pas vraiment envie...

 

 

 

Repost 0
25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 05:16
La mutation inattendue (et inespérée).

Il y a des choses qui arrivent parfois, dont la probabilité était plus faible que de gagner au loto (et comme je ne joue pas...), mais qui arrivent tout de même et qui nous laissent...abasourdis.

Je suis abasourdie.

 

Je remonte l'historique, tu vas comprendre, et me rejoindre dans l'abasourdissement. (Surtout si tu es prof).

(C'est français, j'ai vérifié!).

 

Je bosse dans un collège qui, pour un certain nombre de raisons, n'est pas celui de mes rêves. Depuis que j'y suis je n'ai eu de cesse de regretter mon ancien poste, dans le 93, certes mouvementé, mais j'y étais épanouie.

Cependant je n'y suis pas non plus "malheureuse", sauf certains jours où c'est plus tendu que d'autres.

 

Il a le double avantage d'être à 15 minutes en voiture de chez moi et d'être classé ZEP, ce qu signifie que je touche une (modique mais elle est là) prime et surtout, que je cumule plus de points que dans un collège plus classique. Je peux donc espérer pouvoir en partir plus rapidement. Les mutations dépendent des points.

 

Je n'étais pas prête à demander un poste plus loin, sans savoir si ce serait mieux professionnellement, où je serais peut être coincée très longtemps.

 

Mon calcul était: je fais le dos rond, je serre les dents et le reste, et le jour où je pars, c'est uniquement pour le collège de mon bled: celui de la Pouillette.

Collège qui semble vivant, agréable, bien plus calme, et où mon poste semble être respecté (d'après la Pouillette et des copains qui y bossent). J'y connais déjà des profs, et c'est le genre de collège, quand tu l'as, tu y meurs.

 

Et il est à 3 minutes en voiture, 6 en vélo, 15 à pieds.

 

Il y a deux postes pour moi, pourvus depuis 10 ans par des personnes de 45 ans en gros, pas prêtes de lâcher leur place et je les comprends. Donc pour un projet à court ou moyen terme, c'est mort.

 

En ZEP, je cumule des points plus rapidement donc, et si je demande chaque année le même établissement, je cumule également quelques points dessus en plus, chaque année. Vu que c'est pour dans 15 ans...ça peut faire la différence.

 

Patiente que je suis, j'ai décidé de commencer à demander pour avoir ces points. Je suis une fourmi!

 

Les résultats des mutations sont arrivés, mais je ne les ai même pas regardés...forcément, pour moi, c'est dans 15 ans...

 

Par une collègue j'ai appris que je mutais. Ma première réaction a été: "hein? Mais où ça? J'ai pas demandé, c'est pas possible!".

 

Eh bien si. Avec mes 2 petites années d'ancienneté. Parce que j'avais été la seule à demander. Parce que personne ne savait qu'un poste se libérait.

 

Que dire???? Une chance pareille!!!!

 

Alors? Abasourdi?

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by PetitDiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:50
Brève de CDI: RIE (éducation respectueuse) au collège.

Je travaille dans un collège difficile, classé sensible, zone violence, etc.

Parfois c'est mouvementé, et c'est souvent agité.

 

Un des points noirs, c'est la circulation dans les couloirs.

 

Souvent les élèves y sont ingérables.

 

Avec mon travail, je vais souvent chercher des classes dans leur salles après les sonneries, et je les amène dans mon CDI pour telle ou telle activité.

Les canaliser dans le couloir, c'est quelque chose. Et si je n'y arrive pas, c'est clairement craignos, vu qu'il n'y a que nous dans le couloir, les autres classes sont déjà au travail.

 

Ce que je leur demande, c'est de descendre en rang, d'un bloc, sans s'étirer tout au long du couloir, et bien entendu silencieusement.

Ahah.

 

Un jour, je devais aller chercher une classe particulièrement...hem...pleine de vie, dirais-je gentiment. Si tu veux je t'expliquerais méchament, ou réalistement, mais en privé!

 

Je suis montée, j'ai sortis les affreux dans le couloir, je les ai rangés manu militari (ce qui vu mon gabarit et celui des élèves requiert un physique sportif, crois moi).

 

J'ai avancé de 2 cm, et c'était déjà le bordel derrière moi.

Alors je me suis dit: "et si je tentais juste de leur expliquer?"

 

Parce qu'on part tous du princpe que les élèves savent le pourquoi des règles. Mais on se trompe. Les mots sur les choses, c'est toujours un sacré plus en éducation. Même si ça semble évident.

 

J'ai sorti mon plus beau sourire, et je leur ai demandé s'ils savaient pourquoi on leur demandait d'avancer en rang sans faire de bruit.

J'ai récolté un silence...

 

Je leur ai donc expliqué, en les regardant tour à tour dans les yeux, en souriant, d'une voix douce et posée les raisons de ces règles.

J'ai cru déceler des lueurs dans leurs regards, sisisisi. Rien que le fait de leur parler comme à des êtres humains normalement contitués, crois-moi, ça les a scotchés. Un adulte au collège qui ne leur hurle pas dessus, ça change! Même moi j'étais étonnée par le propre son de ma voix!

 

Je tu promets que je suis descendue jusqu'à mon CDI avec un groupe en rang, calme et aussi silencieux que possible.

Je sais bien que la nouveauté marche toujours, ou presque, et que ce sera sans doute one shot, mais je t'avoue que j'étais moi-même bluffée. Et je vais recommencer!

 

D'autres articles RIE par ici.

Repost 0
8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 05:25

Parfois, je me demande...

 

Je te parle parfois des perles de mes élèves, mais il faut savoir que quand ces élèves grandissent, certains, parfois, deviennent profs. Eh oui.

Et pourtant certains restent tout aussi mal élevés, méprisants, insortables, qu'ils l'étaient à 13 ans.

Pas tous bien sûr! D'ailleurs souvent en retrouvant mes élèves 6 ou 7 ans après, j'ai de bonnes surprises!

Telle gamine ultra vulgaire, incapable de parler sans cracher, sera devenue une jolie jeune fille allant à la fac (sisi!) qui conseille à son petit frère de lire autant qu'il peut...

Pas tous non plus, d'ailleurs...

 

Bref!

 

Ce jour là, donc, j'étais assise à mon bureau, tentant d'oublier qu'il me restait 4h à tirer.

Quelques élèves tout aussi déséspérés que moi erraient de fauteuil en chaise.

 

Une prof, toute jeune fraîche émoulue de l'IUFM, comme quoi si la valeur n'attend pas le nombre de années, la connerie non plus, est entrée.

J'ai levé ma tête et esquissé un sourire, elle ne m'a pas regardée.

Sans un seul coup d'oeil sur moi (suis-je devenue transparente entre temps, je ne sais...), elle a traçé, m'a contournée, et s'est dirigée d'un pas assuré vers...l'armoire qui se trouve derrière moi.

 

 

armoire.jpg

 


MON armoire avec, dedans, MES affaires, mes réserves, mes fournitures, et les livres que je dois couvrir incessamment sous peu (un jour viendra...). Plus des biscuits, une canette, un peu de monnaie.

Mes affaires, quoi. Mon armoire. Derrière mon bureau, derrière ma chaise, derrière moi.

 

Je tiens à signaler que cette armoire se trouvant pile entre mon corps et la porte, elle ne peut pas ignorer que ce n'est pas le rayon papeterie de Carrouf, là où il serait fort légitime qu'elle se serve.

 

Toujours sans un regard ni un son dans ma direction elle a ouvert ladite armoire, a pris un bouquin en souffrance de couverture, et l'a feuilleté. Puis l'a remis, et est repartie.

 

Ce qui est con, c'est que quand je rencontre une situation incongrue, je reste coîte. Je n'avais pas anticipé un truc pareil, aussi mal élevé que ça. Qu'un élève se comporte mal, je suis prête, c'est mon taf. Mais un prof?

 

Les bras m'en tombent et la voix avec.

 

Voilà, voilà, tu aurais fait quoi à ma place?

 

 

 

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 06:03

Parfois, mon travail me permet d'entendre des perles dignes d'un humoriste...

 

DSCF4927

 

 

Mon collège est classé tout ce que tu veux: ZEP, ECLAIR, zone sensible, zone prévention violence, alouette.

On a tout un tas de structures aux noms très IUFM (Ioumf pour les intimes).

SEGPA, ULIS, Classe relais, dispositif de remédiation, et...les ENA.

Non, ne rêve pas, il ne s'agit pas d'une classe préparatoire pour entrer à l'ENA. Ce serait même ce qui pourrait s'en éloigner le plus...

Ce sont des élèves non francophones.

Logiquement, certains sont tout justes immigrés de divers pays plus ou moins sympas et exotiques. Il y a même un Albanais (mais que diable fait-il dans cette galère, celui-là?). Et des Russes, aussi. Etonnant, hein?

Beaucoup moins logiquement certains sont bien plus français que moi, si on remonte leurs ancètres (et pour ma part il y a peu à remonter, chez moi on n'est Français que depuis...ma mère!).

Bref.

Ce jour-là, des élèves de cette structure d'accueil de gamins non-francophones faisaient leurs devoirs dans mon CDI.

Je les entendait au loin papoter entre eux.

En français: pas le choix, une Russe et une Marocaine n'ont que leurs rudiments de la langue de Molière en commum pour communiquer.

 

Et tout à coup:

 

-"J'ai mal au genoux, je vais me "sassir".

- Mais non, on ne dit pas "sassir" en français!

- si, c'est "sassir"! Comment tu dis, toi?

- Il faut dire: je vais m'sassoir! "

 

Je n'ai pas eu envie de faire ma prof et de les reprendre. C'était trop trop trop mignon.

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 05:59

J'ai repris le travail, c'est la rentrée.


Je suis donc dans un établissement que je ne connais que depuis le mois de mai.

Quasiment pas, en fait.


Je ne suis encore familière avec personne.

 

Et je bosse.

 

Les premiers temps de septembre, j'organise le CDI et je m'occupe de la distribution des manuels scolaires, essentiellement.

 

J'aimerais bien me faire des collègues/copains, mais pour le moment je n'ai eu ni le temps, ni l'occasion pour.

 

Et ça ne m'empèche pas de dormir non plus.

 

Quand certains collègues, avec qui je n'ai pas encore eu vraiment de conctacts, essayent grossièrement de faire copain...eh bien ça m'horripile.

 

La (vieille) collègue qui débarque et me raconte qu'elle aime bien les chips pour l'apéro...

Ou encore qu'elle s'est enrhumée au supermarché la veille...


L'autre qui m'explique qu'elle est en retard parfois parce que sa voiture est vieille et refuse de démarer...


Ceux qui me posent des questions ultra perso alors que c'est la première fois que je les vois...


-"Et tu as des enfants?"

"-moui...deux...."

-"Ahhhh (extase débile). Ils ont quel âge?"

-"euh...10 ans et 2 ans..."

- "ahhhh (ton de la surprise...ça doit lui sembler étrange...). Et pourquoi tu as attendu aussi longtemps entre les deux?"

-"???!!!!!"

 

Celle qui me tombe dessus pour me dire qu'il fait beau ou pas, qu'il pleut, ou pas, que le temps va se raffraîchir (ben oui, c'est l'automne ma bonne dame, comme chaque année hein!)...

 

Ca me gonfle!


Je ne les connais pas, je ne veux pas me mettre tout le monde à dos dès le début, mais au travail comme ailleurs, je ne force pas les atomes à devenir crochus.


D'abord: je bosse.


Et si on en vient à bien s'entendre, super!


Sinon, je bosse, et c'est bien pour ça que je suis là, moi.

 

Je pense que ce n'est pas parce qu'on travaille au même endroit qu'on doit forcément se raconter nos vies ou devenir des potes inséparables.

 

Je reste donc polie, mais je ne sais pas tellement faire semblant, et ça se voit, quand je m'agaçe.

 

Quant à raconter ma vie à la cantonnade en salle des profs ou à questionner les collègues avec insistance, c'est non.


 

Parce qu'en plus, pour le moment, vu que ce ne sont pas mes copains, la vie privée de mes collègues, hein, comment dire..je m'en fous!

 

 

C'est mon pavé dans la mare de la Mère Cane!

 

 

pavédanslamare

 

 

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 05:29

Oui, je sais. J'avais dit que ce blog ne deviendrait pas un blog de prof. Mais comme les vacances arrivent, j'en remets une couche, parce qu'ensuite je n'en parlerais plus pendant 2 mois.

Et puis je trouve ça marrant...et puis c'est un exutoire, aussi!

 

toc-toc.jpg

 

 

Parce que parfois les bras m'en tombent...et le reste avec!

 

Comme ce jour où un élève arrive avec sa mère, pour rendre ses livres.

En retard, donc.

Pourquoi la mère est-elle venue avec fiston, je ne saurais te l'expliquer. Pour vérifier que le gamin est bien venu? La question reste posée...

 

La mère en question a visiblement un souci marqué avec l'alcool, vu sa couperose, son nez, l'odeur qui émane d'elle et qui suffit à me rendre pompette, et son comportement...jovial, dirais-je avec retenue.

A 9h du mat.

La vinasse au petit dej n'a pas l'air d'être très efficace pour rester jeune et belle, soit dit en passant. Je pense que je vais rester au jus de citron chaud.

 

Échange de 9h du mat, donc:

 

-"Bonjour! Le Bryan il est viendu rendre les livres!"

 

-"Bonjour madame. Bonjour Bryan. Donne moi tes livres, je vais vérifier qu'il y a bien tout."

 

Les livres sont collants, poisseux, et poussiéreux. Ils sentent le graillon. 

Je pense qu'ils ont dû passer l'année scolaire dans la cuisine, au dessus de la hotte.

 

Je rentre les livres dans ma base informatique, et, stupeur, tout y est. En même temps s'ils ont été déposés sur la hotte en septembre et n'ont pas bougé depuis, c'est logique.

 

Je dis:

 

-"C'est super Bryan, tout y est. Tu es en règle, je vais appeler l'intendance pour qu'ils annulent ton amende".

 

La mère:


-"Ah au fait, on a encore tous les bouquins de 5ème. On en a plein."

 

Ma stupeur s'est elle remaquée? Je suis restée coite une minute.

 

Le gamin vient chaque jour au collège.

L'an dernier, il n'a pas rendu ses livres.

Il a eu des courrier, des coups de fil aux parents, pour lui demander de les ramener.

Il a eu une ponction sur la bourse, de 30 euros (ce qui n'est pas cher payé), puisqu'il ne les a pas ramenés.

Et un an après la mère me dit qu'il sont chez eux?

 

Mais qu'en font-ils? Sont-ils affichés au salon ("ohhhh, on a des livres!!!")?

Servent-ils de cale-pieds car la table est bancale?

Ou de papier de secours dans les WC, au cas où?

 

Cette dame n'a t'elle pas pensé une seule fois, alors que son gamin va au collège chaque jour, lui filer la pile de livres pour les ramener?

Pour récupérer ses 30 euros sur la bourse?

 

Parfois j'ai juste envie de me lever, de faire "toc-toc" sur la tête de certains pour demander à parler au responsable...

 

Non, c'est moi qui déconne?

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 05:17

 

examen.jpg

 

*crédit photo

(Vue non, mais alors non représentative du tout d'une de mes classes en examen).

 

 

 

J'ai été de surveillance du brevet, cette année.


Pendant l'épreuve, les gamins n'ont pas le droit de communiquer entre eux.

Ils peuvent poser des questions de forme aux surveillants, mais pas de fond.

 

En théorie.

 

Le côté solennel de la chose, premier examen national blabla, a dû échapper à mes chères têtes blondes...

 

La moitié de ma salle s'est présenté. L'autre moitié, j'imagine, a préféré profiter des 27 degrés et du soleil.


Ceux qui étaient présents n'avaient pas forcément bien compris qu'il y avait tout de même un enjeu derrière ces deux journées.


Au bout de 15 minutes, certains me demandaient quand est ce qu'ils pourraient partir.

D'autres regardaient par la fenêtre.


Un gamin au fond faisait des origamis...avions en papier et grenouilles sautantes, pour le plus grand bonheur de ses voisins.


Lorsqu'une élève a demandé plus de feuille de brouillon, j'ai cru au miracle, mais c'était pour continuer son dessin.


Son voisin lui a d'ailleurs tendu ses propres brouillons, n'ayant pas compris la raison pour laquelle les feuilles n'étaient pas toutes de la même couleur...

 

Et puis Kévin, au fond de la salle, crête décolorée blonde en l'air et crâne rasé autour, 180 kg au bas mot pour 1m80, et jean laissant apercevoir, enfin voir tout entier même, un improbable caleçon Bob l'éponge:

 

-"Madame, je peux signer après ma rédaction?

 

- Non Kévin, il ne faut pas que ton nom figure sur la copie. Je vous l'ai expliqué au début de l'heure."

 

Cinq minutes après:

 

"-Madame, vous êtes sûre que je ne peux pas mettre mon nom en bas?"

 

-"Oui je suis sûre, il ne faut pas que tu écrives ton nom."

 

Trois minutes plus tard:

 

"- Madame, il ne faut pas mettre mon nom quand j'ai fini?"

 

"- Non Kévin, il ne faut pas."

 

Et ainsi de suite, de cinq minutes en cinq minutes...

 

Ne me demande pas d'où je tire ces trésors de patience pédagogique.

Alors que j'avais juste envie de l'envoyer se faire foutre au fin fond de l'enfer, lui, ses deux neurones non connectés et ses goûts de chiottes en matière de caleçon.


Peut être d'années de guerre lasse, peut être de la peur de froisser les 180 kg de Kévin et de m'en prendre une, en cas de réponse sarcastique et donc incompréhensible pour lui.

Car ce que Kévin ne comprend pas, Kévin l'interprète comme une version savante de "va niquer ta mère".

Je reste donc neutre, claire, calme et concise. Tu remarqueras que j'utilise le moins de mots de vocabulaire possible. Je fais du prof simplifié.

 

Une heure après le début de l'épreuve, ce fut la fin de la leur.

Eh oui, on ne peut pas partir avant, ils ont donc dû traîner leur misère une heure entière! Normalement l'épreuve dure deux heures, mais n'en parlons même pas.

J'ai donc ramassé les truc, là, les machins, euh le nom m'échappe...ah oui, les copies!

 

Et j'ai jeté un oeil pour vérifier que les règles de présentation avaient été bien respectées, suite à mes nombreuses et répétées, répétées, répétées, écrites au tableau, consignes.

 

Bien sûr, que dalle: ratures en rouge de partout, lignes non sautées, numéro de l'épreuve écrit à la place du numéro de candidat, etc...


Je suis débonnaire. Si si. Sarcastique mais débonnaire.

J'aime mon prochain et je lui souhaite le meilleur. Parfois le plus loin possible de moi, mais le meilleur.

Ne serait-ce que pour que mon prochain me foute la paix.

Donc j'ai rattrapé quelques bourdes éliminatoires à coup de tipex, et replacé les bons numéros aux bons endroits...

 

Et au dos de la copie de Kévin, après ce qui devait ressembler à l'analyse d'une poésie de Mallarmé faite par Dali sous ecsta, fautes d'orthographe de malade en bonus, son nom ET sa signature.

 

Parfois la vulgarité m'effleure les lèvres...

 

WTF ???????????????????????????????????

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 05:30

 

lievre-de-mars.jpg

*crédit photo

 

 

J'étais tranquille, peinarde.

Derrière mon bel ordi, en train de rentrer des bouquins en retour.


Une prof a débarqué avec sa meute, me demandant si elle pouvait s'installer chez moi (oui, le CDI, c'est chez moi!).


Vu que mes locaux sont pratiques pour la séance qu'elle a prévu.

Et moi, je suis accueillante et sympa, hein!

Alors évidement j'ai dit: "vas-y, fais comme chez toi!".


Et puis j'ai prêté une oreille distraite  à ce qu'elle faisait...


Il s'agissait de classifier les animaux en répondant à 3 questions:


- A-t-il des poils, des plumes ou des écailles?

- A t-il un squelette interne?

- et je ne me souviens plus de la troisième...


La Prof énumérait des animaux, les gamins répondaient...


Tout a coup j'ai entendu un truc étrange, qui m'a fait dresser l'oreille.

 

"Et le lièvre, Kévin?"

 

Kévin: "des plumes!"

 

J'ai cru qu'il rigolait. Mais non!

 

J'aurais cru que le reste de la classe allait hurler de rire. Mais non!

 

La prof est resté une seconde muette de stupeur.

 

Moi aussi!

 

Un lièvre à plumes...finalement, c'est poétique...

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article
1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 07:45

Tu n'as pas échappé à ma reprise au travail...


J'ai déjà quelques perles à partager, même si je ne veux pas que ce blog deviennent un blog de prof...

 

Mais j'ai quand même envie de rigoler un peu!

 

Alors le deuxième jour...

 

Un gamin (4ème, 1m80 d'esprit éveillé boutonneux avec moustache clairsemée naissante) est assis, se lève, sort du CDI. Puis rerentre, puis ressort.

 

4 ou 5 fois.


 

Je lève mon nez du journal scolaire que je peaufine, et je lui lance:

 

-"Toi, tu arrêtes, tu choisis ton camp: tu rentres, ou tu sors. Ce n'est pas un moulin, ici!"


 

DSCF6658

 


 

L'expression a dû lui plaire. Ne l'avait-il jamais entendue auparavant?

 

Quoiqu'il en soit, il a pris une expression ravie.

Et il a répété:

 

-"Ah oui, madame, ce n'est pas un moulin, ici!".

 

Bref.

 

Il n'y aurait rien à raconter si cet élève au regard relativement béat n'avait répété 4 ou 5 fois dans l'heure que le CDI n'est pas un moulin.


Et s'il n'était pas repassé, à chaque interclasse, glisser sa tête par la porte d'entrée pour brailler: "Eh, c'est pas un moulin, ici!"

Jusqu'à 17h!

 

Pareil le lendemain...

 

Je pense qu'il est heureux d'avoir appris une expression, et qu'il tente de la placer le plus possible...

 

Non?

Repost 0
Published by petitdiable - dans Petit Diable au travail
commenter cet article

Le Blog Des Petits Diables

  • : Petits Diables
  • Petits Diables
  • : Ancienne parisienne partie au bout de la France, je raconte mon petit bout de chemin. A la maison, nous sommes 5, Polochon, le Cromignon, la Pouillette, l'homme et moi. Ca en fait des histoires! Adepte du portage, des couches lavable, de l'éducation non-punitive, du no-poo, des cosmétiques clean, maman allaitante mais pas militante, randonneuse dans l'âme et dans les pieds, et plein d'autres trucs encore...
  • Contact

Recherche Sur Le Blog