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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:22
Le "non mais oui" ou comment l'enfant comprend les limites.

Aujourd'hui je te parle non pas RIE-éducation respectueuse, quoi que bien sûr cette approche soit très respectueuse je pense, mais comment on a appris aux diablotins ce qu'ils avaient le droit de toucher, et le reste.

 

Tout est parti de la lecture de ce bouquin que je te recommande: "J'ai tout essayé", de Filliozat.

J'y ai compris comment l'enfant comprend certaines choses, complètement à l'opposé de que pense l'adulte.

 

Le cas pratique, ce sont les placards de la cuisine. Mais on l'a adapté partout, pour les prises électriques, les autres placards de la maison, etc.

Dans la cuisine donc, il y a plusieurs placards à la portée de Cromignon. Certains contiennent des choses dangereuses, comme les produits ménagers, ou fragiles, comme les saladiers et moules en verre. D'autres contiennent des choses pas dangereuses du tout et même carrément ludiques pour un enfant, comme les tupperwares par exemple.

 

Ici tu dois faire la différence entre dangereux et gênant pour toi. Certains ne voudront pas que leur enfant joue avec les casseroles par exemple. Mon attitude c'est de lâcher du lest. Quand on a des enfants, ce n'est pas pour que la cuisine soit parfaitement rangée, et la découverte du monde qui les entoure fait partie de notre job de parents. Empecher un enfant de triffouiller un peu, sans danger aucun, juste pour ne pas avoir à ranger après, c'est un peu dommage, et ça l'empèche de découvrir, de s'éveiller, de s'amuser...et à toi de faire la vaisselle tranquille pendant ce temps!

De plus, entourer l'enfant d'interdits "de confort" le met dans une situation où il n'a pas droit d'évoluer librement, mais dans la frustration.

Donc lâcher un peu sur certains trucs permet une meilleure harmonie, pour tout le monde.

 

Pour les placards donc, chez nous il y en a deux qui ne sont pas dangereux dans la cuisine: celui des casseroles et celui des tupperwares.

 

Concernant l'interdiction en elle-même et le fait que souvent, les parents disent: "je lui dis non, il me regarde et le fait, il me défie!", j'ai appris un truc hyyyyyyper important!

Non, ton enfant ne te défie pas! il demande juste une confirmation. Voilà ce que ça donne dans sa petite tête, s'il pouvait l'exprimer:

-"Non ne touche pas à ça, c'est dangereux".

L'enfant te regarde dans les yeux et touche le truc en question. Ca signifie en fait:

-"ça, papa? C'est bien ce truc que je ne dois pas toucher et qui est dangereux?"

 

Et c'est tout. Aucune "provocation" de sa part.

Quand à ce moment là le parent s'emporte "mais je viens de te dire de ne pas toucher à ça!!!", je te laisse imaginer l'incompréhension de l'enfant.

 

En pratique, comment ça se passe?

 

Je suis en train de faire la vaisselle. Cromignon (14 mois), se balade. Il ouvre le placard des produits dangereux. J'arrive, je m'accroupis, je lui dit"ce placard contient des produits dangereux. Je ne te laisserais pas y toucher car tu risques de te faire très mal. Mais ce placard-là, tu peux l'ouvrir" et je l'emmène ouvrir le placard à tupperwarres.

Il trifouille dedans puis se tourne vers celui des assiettes. Je réitère.

Etc. Certes ça peut prendre du temps, selon l'enfant, son âge, etc. Plus de temps que de mettre des bloque-porte. Mais c'est aussi bien plus éducatif. Aujourd'hui Cromignon ne fouille jamais dans les placards interdits, n'a jamais touché une prise, et quand je prends bien le temps d'assortir une interdiction par une ouverture, il comprend tout de suite et accepte la règle. Je n'ai jamais mis de bloque-porte nulle part chez moi.

Bien sûr, on n'est jamais à l'abri d'une connerie un jour, même s'il n'y en a jamais eue, mais j'ai choisi de faire confiance à mon fils et à notre éducation. De toutes facons à son âge il pourrait ouvrir les bloque-portes s'il le souhaite, et j'ai pléthore d'exemples d'enfants qui ont bu le liquide vaisselle ou autre javel malgré les bloques-portes.

 

Je tente depuis d'ouvrir les interdits, autant que possibel: "ne marche pas sur le bord de la rivière, c'est dangereux et ça me fait peur car tu pourrais tomber. Sur ce côté-là, tu peux marcher et même courir".

Etc...

 

C'est une façon d'aborder les interdictions un peu différente, mais tellement harmonieuse!

 

Et toi, comment tu fais pour les interdictions?

 

D'autres articles RIE ici.

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:50
Brève de CDI: RIE (éducation respectueuse) au collège.

Je travaille dans un collège difficile, classé sensible, zone violence, etc.

Parfois c'est mouvementé, et c'est souvent agité.

 

Un des points noirs, c'est la circulation dans les couloirs.

 

Souvent les élèves y sont ingérables.

 

Avec mon travail, je vais souvent chercher des classes dans leur salles après les sonneries, et je les amène dans mon CDI pour telle ou telle activité.

Les canaliser dans le couloir, c'est quelque chose. Et si je n'y arrive pas, c'est clairement craignos, vu qu'il n'y a que nous dans le couloir, les autres classes sont déjà au travail.

 

Ce que je leur demande, c'est de descendre en rang, d'un bloc, sans s'étirer tout au long du couloir, et bien entendu silencieusement.

Ahah.

 

Un jour, je devais aller chercher une classe particulièrement...hem...pleine de vie, dirais-je gentiment. Si tu veux je t'expliquerais méchament, ou réalistement, mais en privé!

 

Je suis montée, j'ai sortis les affreux dans le couloir, je les ai rangés manu militari (ce qui vu mon gabarit et celui des élèves requiert un physique sportif, crois moi).

 

J'ai avancé de 2 cm, et c'était déjà le bordel derrière moi.

Alors je me suis dit: "et si je tentais juste de leur expliquer?"

 

Parce qu'on part tous du princpe que les élèves savent le pourquoi des règles. Mais on se trompe. Les mots sur les choses, c'est toujours un sacré plus en éducation. Même si ça semble évident.

 

J'ai sorti mon plus beau sourire, et je leur ai demandé s'ils savaient pourquoi on leur demandait d'avancer en rang sans faire de bruit.

J'ai récolté un silence...

 

Je leur ai donc expliqué, en les regardant tour à tour dans les yeux, en souriant, d'une voix douce et posée les raisons de ces règles.

J'ai cru déceler des lueurs dans leurs regards, sisisisi. Rien que le fait de leur parler comme à des êtres humains normalement contitués, crois-moi, ça les a scotchés. Un adulte au collège qui ne leur hurle pas dessus, ça change! Même moi j'étais étonnée par le propre son de ma voix!

 

Je tu promets que je suis descendue jusqu'à mon CDI avec un groupe en rang, calme et aussi silencieux que possible.

Je sais bien que la nouveauté marche toujours, ou presque, et que ce sera sans doute one shot, mais je t'avoue que j'étais moi-même bluffée. Et je vais recommencer!

 

D'autres articles RIE par ici.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 06:08

Aujourd'hui je vais te parler, comme souvent, colères chez l'enfant et éducation respectueuse.

 

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*crédit photo


Cromignon est d'un naturel colérique.

Avant, quand nous étions "bienveillants", la réponse que nous apportions à ces crises était la mise en retrait: le coin.


Cromignon refusait d'y aller, je le portais, il tentait de frapper, je le grondais, il refusait de rester au coin, criait, hurlait, se débattait.

 

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Pourquoi le coin n'est pas une réponse adaptés aux crises de colère?


Parce qu'il faut une réponse qui ait du sens. La coin est vécu dans ce cas comme une "punition générique" sans aucun lien avec la cause de la colère ni la colère en elle même. De plus, la mise au coin sous-entend que l'enfant est acteur de sa colère, qu'il la contrôle, la provoque et peut l'arrêter s'il le souhaite.

C'est faux, il la subit et n'y peut rien. La colère est son moyen d'expression, comme j'en parlais déjà ici. La mise au coin entraîne un sentiment de honte, de frustration, et de dévalorisation...qui amèneront l'enfant à se mettre toujours plus en colère par la suite.


 

Que faire face à la colère, alors?


Je vais te raconter comment on gère les crises de colère de Cromignon selon RIE.


La cause de la colère est importante, il faut la verbaliser. Ne pas oublier avant tout que c'est normal, que ton enfant est normal, que son cerveau n'a pas encore la faculté de gérer autrement ses frustrations.


Cromignon joue avec sa soeur aux pirates, son jeu favori du moment. Puis, sa soeur n'a plus envie de jouer. Il commence par demander gentiment "s'il te plait Pouillette, joue encore, s'il te plait...". Elle refuse, il insiste de plus en plus. J'interviens en commentant: :"Je vois que tu as encore envie de jouer avec la Pouillette. Mais elle n'a plus envie, et on ne force pas les gens à jouer quand ils n'ont pas envie. Tu peux jouer un peu seul, et ensuite tu lui demanderas à nouveau si elle a envie de recommencer".

Il s'énerve: "je veuuuuux jouer Pouillette!!!!" Et il frappe sa soeur, la pousse, lui balance un  truc...

 

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*crédit photo


J'interviens, je le bloque en disant "Je ne te laisserais pas frapper ta soeur, ça fait mal. Je suis ta maman, je t'aime" Il se met à crier, à tenter de me frapper, je bloque ses mouvements.

Mon mantra dans ma tête me permet de rester vraiment calme, et pas qu'en apparence: "not a big deal. C'est normal. Il exprime sa frustration. Il n'y peur rien. Not a big deal."

 

En général, ses colères s'arrêtent là maintenant. Il se met à pleurer à chaudes larmes et se jette dans mes bras. On fait un gros câlin et je le rassure sur mon amour pour lui. Je lui redis que Pouillette a le droit de ne pas avoir envie de jouer, mais qu'ils peuvent faire un dessin ensemble par exemple. Souvent, il me dit "pardon" de lui même, sans que je ne lui réclamme.

Et c'est vraiment fini, ça ne repart pas quelques minutes après.

 

Mais parfois, ça ne s'arrête pas là. Il continue de crier, balance des "tu es méchante!!!!" et tente de me frapper encore et encore. Au bout de quelques minutes, je lui dit alors "tu es trop en colère Cromignon. Je vais te porter jusque dans la cuisine (la salle de bain, la chambre, le bureau...je varie pour qu'une pièce ne soit pas assimiliée à la colère) et on va attendre que tu sois calmé ensemble."

Je le prends, en calant ses bras pour qu'il ne frappe pas, et l'emmène dans une autre pièce. Je le pose, et il continue à essayer de me frapper, puis va faire un tour en criant, puis revient tenter de me frapper, etc.


Je suis toujours calme à l'intérieur, je sais qu'il tente de se détendre, que c'est sa manière de le faire, et je sais qu'il va y arriver. Souvent, ça se termine ainsi: il fait 3 ou 4 allées et venues en criant, tente de me frapper au passage, je pare ses coups en lui répétant que "je ne te laisserais pas me frapper, ça fait mal", et je lui rappelle une ou deux fois que je l'aime. Je crois que ce rappel a une grande importance pour lui, mais aussi pour moi: ça me permet de rester calme pour de vrai, parce que ça me rappelle que je suis devant mon petit bonhomme qui est mal, et pas devant un sale môme qui hurle et frappe et ne mérite qu'une bonne fessée. Que je suis sa maman, que c'est mon rôle de l'aider, de l'éduquer, de lui apprendre à canaliser ses émotions. Finalement alors que je parerais un de ses coups, il va fondre en larmes et tomber dans mes bras.

 

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*crédit photo

 


Mais quelques fois encore, ça ne s'arrête pas là. Quand il est vraiment incontrôlable et tente tant et tant de me frapper que je ne n'arrive pas à parer ses coups, qu'il est limite hystérique, j'ai encore deux options.


Soit je le "saucissonne"; je le serre fort dans mes bras en lui disant des mots réconfortants et empèche ainsi tous ses mouvements. Ca a la vertu de l'aider à se sentir "canalisé", et provoque une libération dans son cerveau d'hormones apaisantes. Par contre ne rêvons pas, ça ne se voit pas tout de suite! En général il hurle de plus belle. Pour finir par enfin, fondre en larmes...


Mais quand le "saucissonage" n'est pas suffisant, c'est à dire que serré dans mes bras, il tente de me mordre par exemple, alors je le pose et lui explique que je ne peux plus rester avec lui parce que je ne veux pas qu'il me fasse mal. Que je vais sortir de la pièce une minute. Là, je vois bien que ça l'effraie au plus haut point, car il hurle de plus belle "ne pars pas, maman!!!!". Comme quoi la mise au coin, tout seul, était très effrayante pour lui.

Je lui répète que je reste juste derrière la porte et que je reviens dans une minute, mais que je ne peux pas rester avec lui parce qu'il risque de me faire mal.

Je sors, je maintiens la porte fermée, derrière il est déchaîné et tente de l'ouvrir par tous les moyens. Je lui parle de derrière la porte, je commente ce qu'il se passe dans sa tête: "tu es très en colère Cromignon. La colère va partir bientôt, et tout ira bien, et on ira faire un câlin, ou jouer."

Je ne reste pas plus d'une minute, et je reviens. Et ensuite je recommence si besoin, en alternant parfois avec le "saucissonnage", jusqu'à ce qu'il fonde en larmes dans mes bras.

 


Quand ça a été aussi loin, ce qui est maintenant rare, il me demande ensuite de le prendre dans ses bras et de marcher dans la maison, comme quand il était tout bébé et que je le baladais pour calmer ses coliques...mon tout petit.

Ca l'apaise, et ensuite on reparle un peu, mais pas trop (not a big deal!) de la grosse, grosse colère.

 

Voilà en pratique comment maintenantje gère les colères de Cromignon, avec RIE. Il en fait tellement moins qu'avant que j'ai bon espoir que ça disparaisse complêtement bientôt. Mais s'il y en a encore, je suis prête, je sais quoi faire, et tout se termine toujours bien.

 

Plus d'infos RIE chez Maman Mymou.

 


 

Et toi, comment tu gères les colères de tes enfants?

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 06:56

Quand je parle autour de moi de RIE, l'éducation respectueuse non punitive que nous pratiquons avec Cromignon, beaucoup de personnes me répondent: "ah oui, c'est chouette, mais on n'a pas toujours le temps".


L'exemple parfait c'est le moment de sortir, et l'enfant qui refuse de s'habiller par exemple, alors qu'il faut partir dans les deux minutes.

Je t'avoue que je pensais un peu pareil, quand Maman Mymou m'en a parlé au début.

 

 

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Maintenant j'ai compris que bien loin de te faire perdre du temps, l'éducation respectueuse va t'en faire gagner.

 

Oui, parce que si l'éducation respectueuse permet une meilleure harmonie familiale, il faut aussi être pragmatique, ce que je suis.

 

Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on élève respecteusement ses enfants, les crises s'estompent. Il y en a bien moins. Et ça, c'est du vécu.


Avant, je pouvais mettre mon Cromignon colérique jusqu'à 10 fois par jour au coin, et même plus. Il n'y restait pas, hurlait, se débattait, se mettait dans des états proches de l'hystérie. Je l'y maintenais, et ça pouvait durer, durer, durer...


C'était très épouvant, et chronophage. Quand ça arrivait à table, mon repas était froid. Quand c'était avant d'aller au bain, on dépassait l'heure et pour ne pas trop décaler le coucher, on zappait le bain ou on faisait une douche rapide. Quand c'était au moment de sortir, on se mettait en retard. En même temps j'ai la chance que Cromignon ne soit pas trop réfractaire du manteau et des chaussures: il adore sortir. Mais parfois ça pouvait arriver au réveil: il ne veut pas sortir de son lit ni s'habiller.


La mise au coin me prenait facile minimum 10 minutes avant qu'il ne se calme. Imagine 10  fois par jour.

 

Aujourd'hui Cromignon doit faire une ou deux "crises chronophages" par semaine au maximum. Parfois ça prend du temps en effet pour qu'il "chasse la colère" mais pas plus qu'avant. Et ça se termine toujours dans les bisous et les câlins, plutot que dans la crispation. Il n'en refait jamais une autre juste après, contrairement à avant.

 

Donc je gagne juste énormément de temps, et je m'en rend compte: on a plus de temps pour jouer ensemble, regarder des dessins animés, se faire des chatouilles...

 

Quand on pratique RIE, il y aura quand même des crises, des colères, des moments difficiles, des fois où on sera en retard à cause du petit qui n'a pas voulu mettre son bonnet. Mais il y en aura de moins en moins. L'enfant qui se sent écouté et respecté sera plus calme, plus serein au quotidien. Il est plus coopératif, puisqu'il se sent écouté. Et on sait mieux comment gérer, sans s'énerver, sans agraver la situation. C'est vraiment du vécu.

Ce qui te fait perdre du temps, c'est la colère de l'enfant, pas sa gestion respectueuse.

 

Ce n'est pas une "méthode" pour changer les enfants et les rendre dociles et obéissants, mais une approche qui permet de vivre plus en harmonie en famille.

 

La semaine prochaine, je te raconterais comment je gère les crises de colère de Cromignon concrêtement avec RIE.

 

 

Alors, tu penses toujours que RIE prend trop de temps?

 

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 06:05

Depuis que Cromignon nous a montré son caractère parfois colérique, nous avions à coeur d'éviter les crises.

 

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*crédit photo


Et je sais que je ne suis pas la seule...essaye juste de taper "eviter les crises" ou "eviter les colères" sur google, tu m'en diras des nouvelles. Tout le monde ou presque y va de ses méthodes, de ses astuces, de ses trucs plus ou moins miracles, avec plus ou moins de bon sens dedans, de ses interrogations diverses et variées.

 


Qu'est ce qu'une colère chez l'enfant?


Loin d'être un "caprice", la colère est le seul moyen qu'a l'enfant pour exprimer le trop plein d'émotion qu'il ressent à ce moment là. Qu'il soit frustré, fatigué, affamé...il n'arrive pas à l'extérioriser autrement.

La colère est donc une saine réaction, finalement.


Les astuces, qui vont de céder s'il s'agit d'une frustration, détourner l'attention, le faire rire, le menacer, à faire du chantage à tout ce qu'on peut (bonbon, père noël etc...) ne font que contourner le problème et empèchent l'enfant d'exprimer ses émotions. Ce n'est pas respectueux de l'enfant et de ce qu'il ressent et exprime. Ca ne prend pas en compte ses besoins.


Si un ami vient te voir en pleurant parce qu'il a une peine de coeur, est ce que tu vas lui promettre un gâteau s'il cesse de pleurer? Ou lui raconter des blagues pour le faire rire?

Bien sûr que non. Tu vas l'écouter, accuellir sa douleur, lui préter ton épaule, lui donner des mouchoirs.


C'est pareil avec les colères et crises des petits.


S'il se met en colère, écoute d'abord quelle émotion quel besoin il exprime. Il est fatigué? il faut enchaîner pour qu'il puisse se reposer, rentrer si tu es dehors. Il a faim, soif? Satisfais son besoin.


Il est frustré, il voudrait quelque chose qu'il ne peut pas avoir de suite? Verbalise, commente ses émotions, un peu comme si tu parlais pour lui. "Je vois que tu es en colère. Tu voudrais continuer de jouer. Tu es très fâché que ce soit l'heure du bain et que tu doives arrêter. Je vais te laisser te calmer quelques minutes, et ensuite nous irons tous les deux dans la salle de bain. Après le bain, tu pourras jouer encore".

Là, tu vacques trois minutes (pas plus!) à autre chose en le laissant criser, mais tu restes dans la même pièce quand même, car il a besoin de toi.

Puis tu reviens, et d'un ton ferme et décidé (très rassurant pour l'enfant): "maintenant c'est l'heure pour que tu prennes ton bain. Si tu veux tu peux venir tout seul. Sinon je te portes". Et hop, d'une manière ou d'une autre, crise ou pas, au bain.

Ca c'est du vécu...


Quand l'enfant crise, il est déjà en train de se calmer, la crise EST sa réponse au stress, c'est par elle qu'il se calme.


Accueillir les crises comme un moyen d'expression, les recevoir, les comprendre, accompagner son enfant sans le culpabiliser (il n'y peut rien!): c'est possible!


Je te l'accorde, c'est plus facile à dire qu'à faire. Il y a des situations où c'est compliqué, surtout quand on rajoute le regard des autres. Mais ce qui importe c'est le bien être de l'enfant et de ses parents, pas ce que pense la voisine ou la caissière.

 

Alors, on essaye?

 

La semaine dernière je te racontais comment éduquer sans punir et sans laxisme.

 

Plus d'infos RIE chez Maman Mymou.

 

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 06:44

Ca fait quelques semaines maintenant que nous découvrons RIE, l'éducation respectueuse.


Nous étions déjà dans la mouvance, pas de violences, pas de cris chez nous. Nous appliquions l'éducation bienveillante tendance Filliozat depuis des années.



Cependant face aux crises de colère de Cromignon, nous étions démunis et notre seule réponse était la mise au coin.

 

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*crédit photo

 


Et puis j'ai découvert, grâce à Maman Mymou, la "méthode" RIE, qu'elle traduit avec justesse par "éducation respectueuse". Le mot "méthode" ne me plaît pas, c'est plus une approche, un art de vivre ensemble, qu'une "méthode" qui "marche" ou pas.

 


Un des points les plus importants de RIE: on ne punit pas.


J'entends d'ici les "oh!" "ah!" "mais c'est du laxisme, les enfants font donc ce qu'ils veulent???"

Et crois moi, pleine de préjugés que j'étais, je le pensais aussi si on revient trois mois en arrière.


Par ignorance, parce qu'on m'a élevée comme ça, parce que je ne voyais pas d'alternative.

 


Mais aujourd'hui j'ai compris que c'est exactement l'inverse: quand on éduque sans punir, on se doit d'être plus rigoureux que rigoureux. Et pourtant je croyais être stricte en éducation...mais j'ai découvert que pas tant que ça!

 


Quand on punit ses enfants, on n'aime pas ça, pas vrai? Quand Cromignon faisait une colère parce qu'il ne voulait pas venir manger par exemple, ça m'usait de le mettre au coin, de l'y maintenir, 10, 15, 20 minutes, alors qu'il hurlait et se débattait. Ca demande beaucoup d'énergie, c'est assez desespérant surtout dans les périodes ou ça se produit plusieurs fois par jour.

 


J'avais forcément tendance à négocier pour éviter la punition.


A tergiverser, à retarder le ,moment pourtant inéluctable à 90%, où j'allais mettre mon fils au coin avec armes et fracas!

 


Ca pouvait donner: "attention arrête de gigoter, je compte jusqu'à 3! 1...2.....................attention ça va être le coin!!!!!!............ bon, si tu n'arrêtes pas dans une minute c'est le coin!!!!!"

Pour finir bien entendu au coin.

 

 

Pour l'enfant, une punition générique comme le coin n'a aucun sens: en effet, aucun rapport, aucune possibilité de réparation, et il va développer un sentiment de honte, d'être mauvais, méchant. Aucune raison donc de s'améliorer, de respecter les règles, puisque l'adulte lui renvoie une image négative de lui même.

 

Un matin, peu avant Noël, Cromignon m'a dit en se levant "Maman, je crois que le Père noël ne m'apportera pas de cadeau".

"Pourquoi est ce que tu dis ça, Cromignon?"

"Parce que je ne suis pas sage. Je fais trop de colères".

Mon coeur s'est fendu. Quelle image mon fils avait-il de lui même? Et quand tu sais la passion qu'il voue au Père Noël, c'est encore plus triste.


 

Maintenant nous ne mettons plus Cromignon au coin, mais ses actes ne restent pas sans conséquences.


Les règles de vies sont clairement énoncées et expliquées.


Par exemple pour le cas du repas: Cromignon avait tendance à gigoter, descendre, monter etc.


On lui a réexpliqué: "Il faut rester assis quand on mange, parce que sinon le ventre n'arrive pas à bien digérer et tu risques d'avoir mal. De plus, tu nous déranges, quand nous mangeons, nous, bien assis tranquillement."


Et ensuite la conséquence de son acte: "si tu descends de table et que tu pars dans le salon pour jouer, tu ne peux  plus revenir à table. Ca signifie que tu n'as plus faim: ton repas est fini et j'enlève ton assiette."

 

Evidemment, en cas de repas un peu mouvementé, je rappelle les consignes, les règles et leur explication. Eduquer, c'est répéter. Simplement et clairement.


Et ensuite, je m'y tiens. Si j'enlève son assiette, je ne la remets pas. Et je suis prête à en subir les conséquences et à gérer ce qui risque de suivre.


Mais tu sais quoi? Ce n'est jamais arrivé.


Alors que les repas étaient devenus des enfers tels que j'en avais des maux d'estomac terribles, que je n'arrivais plus à me nourrir, aujourd'hui nous mangeons tous ensemble dans la joie et la bonne humeur.


Quand j'appelle pour passer à table, Cromignon vient sans rechigner 90% des fois, et mange sans sortir de table sauf pour aller chercher son dessert, et bien sûr quand il a fini son repas.

 

Eduquer sans punir selon RIE, c'est établir des règles claires et précises, les expliquer, définir les conséquences en cas de manquement, et surtout, s'y tenir.


Les enfants ont besoin de de règles, d'être rassurés par un encadrement clair et défini. Quoi de plus respectueux que de le leur fournir?

 

 

Mon Être mère pour Babidji!

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 06:15

Je ne vais pas te refaire toute l'histoire, mais juste un résumé.

Cromignon est d'un naturel parfois colérique.

 

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Jusqu'à ces derniers jours, notre réponse à ses colères était la mise au coin. Je n'avais pas trouvé d'autre solution "non violente". Il avait horreur d'aller au coin et sa colère s'y exacerbait, c'était très long et très pénible de l'y maintenir. Je l'en laissais sortir quand il semblait un peu calmé et qu'il demandait pardon.


Dernièrement il a eu un passage compliqué, avec beaucoup, beaucoup de colères. C'était devenu infernal pour nous de le mettre et le maintenir au coin plus de 10, 15, 20 fois par jour, et plus encore. Tout le temps, quoi.


Mais je ne savais pas quoi faire d'autre.


Et puis Maman Mymou m'a gentiment contactée, voyant ma détresse, et m'a parlé de RIE: l'éducation respectueuse. Ce n'est pas la même chose que la tendance "éducation bienveillante" et "parentalité positive", même si c'est dans la même mouvance. Parce que ça, on faisait déjà: Filliozat et consorts.


J'ai appliqué ses conseils, notamment en matière de gestion de crise.

Et j'ai eu des résultats...inespérés.


Je vais t'en donner un exemple concret.

 

Il y a quelques jours, Cromignon enlève ses chaussons (des chaussons renne en plus!) et ne veut plus les remettre. Les chaussons, c'est un point de friction très fréquent (d'où les chaussons renne...). Comme il souffre de bronchiolite asthmatique chronique (et c'est peu de le dire), marcher pieds nus sur le carrelage froid en décembre, c'est no way. C'est la règle, il la connait.


Donc il enlève ses chaussons.

Je me suis accroupie à son niveau: "Cromignon, pourquoi est ce que tu enlèves tes chaussons?"

"Ze veux plus les mettre"

"Quand tu n'as pas tes jolis chaussons renne (point démago), les pieds ont froid et ensuite tu risques de tomber encore malade. Tu veux que je t'aide à les remettre ou tu le fais seul?"

"Ze veux pas les mettre! Mes pieds, ils ont pas froid d'abord!"

"Cromignon, je suis ta maman, je t'aime et je ne te laisserais pas tomber encore malade parce que tes pieds ont froid. Tu vas les remettre tout seul et si tu n'y arrives pas, je t'aiderais".

"Ze veux JOUEEEER!!!"

 

Tu sens la crise arriver là? Moi oui. Mais je ne tremble pas.

 

"Tu ne joueras pas sans tes chaussons, je ne te laisserais pas pieds nus avec tes pieds qui ont froid. Je suis ta maman et je ne te laisserais pas tomber malade".

 

"Tu es MEEEEECHANTE!!!!!"

Il commence à tenter de me frapper.

 

Je retiens ses coups en lui disant: "Je ne te laisserais pas me frapper, ça fait mal. Je suis ta maman et je t'aime".

 

Ce qui est vraiment un sacré progrès pour moi, c'est qu'à ce stade je ne suis pas le moins du monde énervée. Incroyable.

 

Il s'excite de plus en plus, je n'arrive plus à parer ses coups (il est rapide, le Cromignon, et il feinte!).

 

Je lui dis: "Tu es trop énervé, Cromignon. Je vais t'emmener dans la cusine et rester avec toi. Tu reviendras jouer au salon quand tu auras remis tes chaussons".

Je le porte, il se débat, essaye de me frapper, je pare ses coups en lui répétant toujours que je ne le laisserais pas me frapper, ça fait mal. Je ne lui répete pas à chaque fois que je l'aime, mais je lui glisse encore une ou deux fois.

 

Dans la cuisine, la crise continue: il tente de frapper, je pare, il me répète qu'il veut aller jouer, je ne lâche pas et lui dis qu'il ira quand il aura mis ses chaussons.

Au détour d'un coup, il me mord la main. J'avoue que ça m'a choquée, comme je te l'ai déjà raconté, ce n'est pas un enfant mordeur. Il ne m'a pas fait mal, juste "chopé" la main, comme un petit chien qui joue. J'ai eu un mouvement de recul involontaire et j'ai vu la peur dans ses yeux.

J'ai pensé très fort à Maman Mymou, la bonne phrase est venue à moi: "not a big deal". Ne pas en faire une montagne, sinon ça prendra de l'ampleur. J'ai glissé: "Je ne te laisserais pas mordre, ça fait mal", il n'a pas recommencé.

 

Ca a duré, que sais-je...une dizaine de minutes.


J'étais donc en train de le retenir de frapper. Tout a coup il a crié: "mais je ne veux pas te taper!!!!!" J'ai ouvert mes bras. Il s'est jetté dedans et a fondu en larmes.


On a fait un bon et long câlin, c'était la toute première fois qu'une crise de cette ampleur finissait aussi rapidement, et dans l'amour. J'en aurais pleuré. D'ailleurs j'en ai pleuré, mais discretos, of course.

 

Je ne pourrais pas changer mon fils, il se mettra encore en colère, il refusera encore des contraintes, jusqu'à ce qu'il grandisse et maîtrise ses émotions. Il est très émotif et ces colères lui viennent comme un raz-de marée, c'est très dur pour lui de les repousser.


Mais maintenant, je ne le bloque plus seul au coin face à elles. Je l'aide à prendre confiance, à avoir une bonne image de lui, et avant tout peut être, je me sens beaucoup mieux.

 

Et toi, tu connais la RIE?

 

 

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 06:02

Cromignon est sujet aux crises de colère, ce n'est pas nouveau.


Par périodes, tout est sujet à un conflit, il refuse tout et s'oppose à toute contrainte.


Aller prendre son bain peut devenir apocalyptique.

Alors qu'il adore son bain, pourtant.

 

DSCF6210


Ce n'est donc pas le bain qu'il refuse, mais l'ordre, la contrainte.

Bref.

 

Lundi soir donc, Cromignon part prendre son bain avec son père.

Mais une fois déshabillé, il ne veut plus aller dans la baignoire. Son père étant déjà dans l'eau, il se sauve en courant et fonce, à poil, sur le canapé du salon.

 

Avant, je lui aurais gentiment demandé d'aller prendre son bain, que son papa l'attendait, je lui aurais dit qu'il devait être sage et obéir.


Avec dans ma voix, la peur de la crise qui allait probablement suivre.


Et aurait refusé, se serait mis en colère, aurait finit, hurlant et tout nu, au coin. Ca aurait pris 40 minutes pour le calmer, et m'aurait encore coûté une année d'espérance de vie.

 

J'ai réfléchi et me suis demandé ce que Maman Mymou m'aurait conseillé.

J'ai respiré, je me suis assise à côté de lui et avec le ton le plus assuré possible, je lui ai demandé: "qu'est ce qu'il t'arrive, Cromignon?".


"Veux pas aller au bain!"


"J'ai compris que tu ne voulais pas aller dans le bain, Cromignon. Est-ce que tu sais pourquoi il faut prendre son bain?"


"Non"


"Pour être propre, Cromignon".


"Je veux être sale moi!"


"Quand on est sale, on sent mauvais. On sent le pipi, et même le caca, si on ne se lave pas. Je suis sûre que tu ne veux pas sentir mauvais."


"Ah, non, je ne veux pas sentir le pipi!".

 

Et il a filé prendre son bain.

 

Je sais que ce n'est pas parfait, ce n'est peut être pas vraiment RIE finalement, mais je suis vraiment contente, il n'y a pas eu de crise, Cromignon a compris l'intérêt de se laver.


Bien sûr ce n'est pas gagné, il y aura encore de l'opposition, et parfois ça ne s'arrêtera pas là. Les crises, il y en aura encore.

 

Maintenant, je les vois arriver avec plus de sérénité.

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  • : Ancienne parisienne partie au bout de la France, je raconte mon petit bout de chemin. A la maison, nous sommes 5, Polochon, le Cromignon, la Pouillette, l'homme et moi. Ca en fait des histoires! Adepte du portage, des couches lavable, de l'éducation non-punitive, du no-poo, des cosmétiques clean, maman allaitante mais pas militante, randonneuse dans l'âme et dans les pieds, et plein d'autres trucs encore...
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