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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 05:40
La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?

Si tu me suis un peu, tu sais qu'avec Polochon nous pratiquons la motricité libre, enfin, autant que possible!

Il y a la théorie et la pratique, hein...

Mais disons qu'on s'en sort pas mal.

 

Alors d'abord, la motricité libre, c'est quoi?

 

- Quand on pratique la motricité libre, on évite de mettre l'enfant dans une position qu'il ne maîtrise pas, c'est à dire qu'il n'arrive pas à la prendre ou à s'en défaire seul.

- On sécurise l'espace et on laisse l'enfant évoluer. On intervient le moins possible. On lui fait confiance.

- On ne bloque ou n'enferme pas l'enfant, mais on lui propose des espaces au sol, adaptés.

- On choisit pour lui des habits adaptés qui lui permettent d'être libre de ses mouvements et de ressentir son corps.

 

Concrètement, ça donne quoi?

 

Ca remet en cause pas mal de pratiques et de matériel de puériculture "classiques".

 

Pas de : transat, trotteur, parc, coussins ou fauteuils pour tenir l'enfant assis avant qu'il ne le fasse seul, anneau de bain, vêtements serrés, chaussures rigides et/ou montantes, aides diverse à la marche...

 

On ne met pas bébé assis avant qu'il ne le fasse seul. On ne le soutient pas pour l'aider à marcher, et non, on ne lui met pas de chaussures raides et montantes (qui reviennent à le faire marcher avec l'équivalent pour nous de chaussures de skis toute la journée, et expliquent au moins en partie que 75% des femmes et 65% des hommes souffrent des pieds à l'âge adulte. Perso mes pieds me font un mal de chien, pas toi?). Les pieds ont besoin d'être nus ou chaussés très souplement pour se muscler et se developper en fonction de l'évolution du développement moteur de bébé.

 

On lui lâche la grappe, on n'est pas tout le temps derrière lui pour l'empêcher d'évoluer, le rattraper alors qu'il n'est pas en train de tomber.... Oui, ça fait peur, au début. Mais non, il ne va pas s'éclater la tête plus qu'un autre. Peut être même moins. On l'observe, on sécurise l'espace, et on le laisse faire.

 

On installe un bon tapis d'éveil, et on le laisse gigoter dessus.

 

Et finalement, pourquoi c'est chouette?

 

Bébé évolue à son rythme, il prend confiance en lui et en ses capacités. Il développe son autonomie. Et la confiance en soi, ça se construit dès la naissance, et ça se détruit aussi très tôt...si on aide sans cesse bébé pour faire les choses qui sont somme toutes naturelles pour lui, il ne prend pas confiance: au contraire, il développe l'idée qu'il a besoin d'aide, qu'il n'est pas autonome.

 

Il ne force ni ses muscles si ses articulations immatures pour prendre une position que son corps n'est pas encore prêt à tenir, au risque de créer tensions et déséquilibres parce qu'on n'aura pas respecté son rythme de développement. Rien n'est prouvé (est-ce prouvable?) mais mon petit doigt me dit que ma sciatique chronique, là, ou mes douleurs cervicales ont peut être quelque chose à voir là dedans, va savoir...

Et puis c'est carrément économique, et quel gain de place sans tout ce matériel!

La motricité libre est simplement le respect du développement naturel psychomoteur de bébé.

 

Et en réel, pas en théorie?

 

Selon pas mal de variables, il peut être difficile de pratiquer la motricité libre à 100%. Le caractère de Cromignon nous a amenés à lui payer un jumperoo par exemple. Dans certaines maisons, selon la configuration, il peut être nécessaire d'avoir un parc pour sécuriser bébé le temps d'aller faire autre chose. Un transat, surtout pour un nouveau né, ça peut être bien utile aussi.

 

On est humains, on ne vit pas dans un bouquin de puericulture: en pratique ici on fait motricité libre, la plupart du temps.

On n'a pas de parc, pas de trotteur (pour le coup je suis convaincue par contre, quand je vois que dans d'autres pays c'est carrément interdit c'est que c'est vraiment inutile, voire néfaste), Polochon n'a plus été dans sont transat depuis qu'il a 3 mois en gros et même avant il n'y restait pas beaucoup.

Je ne l'ai jamais installé assis, il l'a fait tout seul à 7 mois. Dans son bain, pas d'anneau. Avant de se mettre assis, je l'allongeais sur un tapis antidérapant. Et quand il s'est mis assis seul, il n'est jamais tombé à la renverse. Je ne le tiens pas debout, là encore il se débrouille très bien. Je ne suis vraiment pas du genre flippé, à être derrière quand il fait ses expériences. J'ai vraiment confiance en lui et en ses capacité, en son jugement. Il sait ce qu'il est capable de faire, j'en suis convaincue. Il ne marche pas encore: je ne le fais pas marcher. Il apprend seul à évoluer le long des meubles et des murs. Il se lâche un peu, cherche son équilibre. Je ne l'aide jamais, je ne l'encourage pas dans telle ou telle direction. Il retombe sur ses fesses, souvent. Pas de bobo, merci aussi aux couches lavables qui font bien airbag.

 

Il porte des vêtements qui ne le serrent pas ni ne le gènent: les sarouels sont parfaits. Pas de chaussures montantes ou rigides ou avec des semelles épaisses, mais des petits chaussons en cuir souple et surtout le plus possible pieds nus. Quand il marchera je lui prendrais la paire de chaussures la plus minimaliste possible.

La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?

Je te laisse avec les excellentes illustrations de Bougribouillons, qui résument et expliquent bien mieux que moi tout ça.

La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?
La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?
La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?
La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?
La motricité libre pour bébé: pourquoi, comment?

Pour rappel: aucun jugement ici, uniquement de l'information, parce que (moi la première) avant de savoir, on ne sait pas.

 

Et pour ceux qui (peut être bien comme moi il y a peu...) me diront que leur enfant ont eu des trotteurs, n'ont pas été dans la motricité libre mais n'en sont pas morts ou n'ont aucun problème moteur: beaucoup de choses ne tuent pas ou ne créent pas (et heureusement!) de problème qui leur semble directement lié, ce n'est pas pour autant qu'elles sont le meilleur.

 

 

Alors la motricité libre, qu'en penses tu?

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5 août 2016 5 05 /08 /août /2016 05:41
1 an et demi de RIE: éducation respectueuse, non punitive. Bilan.

En novembre 2014, suite à une période de crises particulièrement dures avec mon petit Cromignon, j'ai découvert grâce à Maman Mymou l'éducation respectueuse.

 

Aussitôt avec l'homme nous avons foncé. Le mieux-être familial ne s'est pas fait attendre, et au bout de quelques jours déjà, nous respirions tous bien mieux...

Nous avons tâtonné, cherché, parfois nous avons subi aussi.

 

Ca a été pas mal de réflexion et de recherches. De discussions. De questions.

On s'est trompés. On a trouvé des solutions. On s'est retrompés.

Le temps nous a aidés.

 

On a compris tellement de choses. D'abord, la première chose, c'est que notre fils et nous sommes "normaux" dans le sens qu'il n'y a rien de pathologique dans son comportement. La gestion des émotions chez un enfant peut donner lieu à des comportements agressifs. Déjà, ça fait du bien.

On a compris qu'on n'était pas du tout les seuls dans ce cas.

On a compris que parfois, il n'y a rien d'autre à faire que gérer ses propres émotions et attendre. Que parfois, non ce n'est pas une bonne idée d'aller chez des amis, d'en recevoir à la maison, pendant les périodes compliquées.

 

Que ce n'est pas de notre faute s'il réagit ainsi. Que non, on n'a rien loupé.

Par contre on a aussi compris que notre manière de gérer pouvait l'aider ou aggraver la situation.

Que si on gérait ça mal, ça pouvait durer encore plus. Devenir plus grave. Déborder du cadre familial.

 

Je garde en tête dans les moments difficiles (où j'ai bien envie de crier, de dire des trucs horribles, voire de partir en claquant la porte) que Cromignon prend exemple sur moi dans la gestion de ses émotions. Comment pourrait-il progresser si moi même je perds mon calme, je crie, je dis des choses désagréables?

 

Du coup je suis moi-même plus calme, plus posée et je crois, plus agréable au quotidien dans ma famille.

Je me fais moins une montagne des soucis car ils sont "normaux" et si je ne les aggrave pas, ils s'arrangeront.

 

J'ai compris que mes enfants n'avaient pas à être parfaits, ne pas me déranger, être dressés. Que si je voulais des enfants heureux et épanouis, je devais les aider à apprendre à s'exprimer, à exister. Même si ça n'est pas toujours confortable pour moi.

 

Cromignon a fini sa seconde année de maternelle, sans un seul souci, sans une seule bagarre, sans une seule fois où la maîtresse m'aurait retenue à la fin de la journée pour me parler. Au contraire, elle n'a pas tari d'éloges sur son application, son autonomie, ses facultés à trouver des solutions , sa persévérance et sa confiance en lui. En ce moment il va au centre de loisirs. Il s'éclate. Les animateurs l'adorent. Il est volontaire et enthousiaste, créatif et imaginatif.

Non je ne taris pas non plus parce qu'on vient de si loin et je suis si heureuse!

 

A la maison, il laisse éclater parfois, par périodes, ses colères. Seulement avec ses parents. Parce qu'il sait qu'on saura l'aider, qu'il n'a pas besoin de se cacher, parce qu'il a confiance en nous. On le prend de manière positive, même si ce n'est pas toujours simple.

 

Sa violence revient parfois, mais avec tellement moins d'ampleur! Depuis le début il y a des hauts et des bas, des périodes compliquées et d'autres tellement parfaites, mais dans l'ensemble on va vraiment dans le bons sens...

 

Il y a quelques jours, il s'est mis en colère un matin. Il n'était pas content que son père et moi trainions trop au lit à son goût (ok, il était 11h..) car il s'ennuyait. Comme on est ferme sur le respect du repos des autres, on ne s'est pas levés et il a arpenté la maison et le jardin (en slip) avec une tête de colère. Quand je me suis levée, il n'était pas encore calmé. J'ai regardé partout, Cromignon ayant tendance à passer ses nerfs en cassant des choses ou en mettant le bazar. Rien. Je lui ai demandé s'il avait besoin d'aide. Il y a encore quelques temps, il aurait hurlé, aurait essayé de me frapper, de me mordre. Il aurait renversé la panière à linge, il aurait pu jeter au sol des objets fragiles, casser une chaise en la retournant violemment sur le sol.

 

Mais il m'a dit que comme il était en colère, il avait écrasé la mine d'un critérium sur un mur du jardin et qu'elle s'était cassée.

La mine du critérium. Elle restera pour moi le symbole de notre parcours si positif dans cette éducation respectueuse, le symbole de notre harmonie familiale parfois mise à mal mais tellement plus présente jour après jour.

 

Tu veux en savoir plus? c'est par ici et .

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 05:53
Si toi aussi tu aimes tes enfants plus que tout...

...clique sur j'aime et partage cette photo.

Toi aussi tu dois voir passer ce genre de statuts sur les réseaux sociaux. Assortis d'une photo avec des étoiles, ou des fleurs, des petits nounous mignons.

Tu en as peut être postés?

 

Ca m'a toujours interpellé. Non parce que ça me semble un peu évident d'abord, qu'on les aime à peu près plus que tout, nos gamins.

Mais aussi parce que ma conception de l'amour que je leur porte n'est pas de poster un statut mièvre.

Pour moi, aimer mes enfants plus que tout se traduit autrement. Et en partie par le fait de chercher à leur donner le meilleur, dans tout, tout le temps.

 

Aucun parent n'est parfait sans doute, mais j'ai vu des personnes poster de genre de truc et ensuite une photo de leur bébé de 4 mois dans un siège auto face à la route. Pourtant on sait les dangers que ça comporte aujourd'hui. Tu aimes ton enfant plus que tout, tu le clames sur Facebook, mais tu ne recherche pas pour lui la sécurité optimale en voiture. Paradoxal.

 

Le meilleur, on ne nait pas avec. Le meilleur, ça s'apprend, ça se cherche.

 

Ma manière de les aimer plus que tout?

 

Je passe du temps sur le net à lire les crash tests des sièges autos, pour choisir celui qui sera le plus adapté pour mes petits.

Je passe d'ailleurs beaucoup de temps à me rengeigner avant de choisir quelque chose pour eux, quoi que ce soit ou presque. Je veux choisir en connaissance de cause, pas parce que j'ai vu ça quelque part, parce que d'autres le font, parce que j'ai vu une pub ou qu'un docteur l'a dit.

 

J'essaye de ne pas forcément reproduire l'éducation que j'ai eue ou que j'ai vue autour de moi, parce que "c'était mieux avant" ou que "c'est comme ça que mes parents ont fait et je ne suis pas morte". Garder mes enfant en vie n'est pas ma seule ambition pour eux, vois tu.

 

Je cherche quels produits utiliser pour ne pas les empoisonner à petit feu à cause d’industries mensongères douées en com' et pour qui seul le profit compte. Coller sur le cul de mon bébé des couches blindées de produits toxiques H24 pendant 2 ans et plus, sachant que bien évidemment sa petite peau fragile est perméable à ces saloperies, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur. Le tartiner de crèmes pleines de trucs tout aussi toxiques sans même m'interroger sur ce que sont ces noms étranges dans la composition, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur.

 

Je lis les étiquettes des choses qu'ils mangent, qu'ils utilisent, que j'utilise pour eux. En cherchant ce qui est bon, ce qui est mauvais, ce qui acceptable et ce qui ne l'est pas. Donner à mes enfants des aliments susceptibles d'être cancérigènes, comme l'huile de palme contenue dans les laits infantiles, j'ai pensé que ce n'était pas le meilleur. Combien de parents aiment leurs enfants plus que tout, mais ne cherchent pas à savoir ce que leur bébé va manger exclusivement pendant les premiers mois de sa vie? Ce qui va le faire grandir, le construire? Paradoxal.

 

J'essaye de me renseigner, de sortir de ma zone de confort, de me remettre en question et ce que j'ai appris avec. Pour voir comment on peut faire autrement, pour voir si autrement ce ne serait pas le meilleur, peut-être. Comme le portage physiologique, la motricité libre, la DME, l'éducation non punitive...

 

Je ne dis pas que c'est le meilleur, je dis que je pense que ça l'est, pour nous.

 

Aujourd'hui avec Internet c'est facile, de chercher, de trouver, de lire, de se renseigner. C'est rapide. En tous cas plus qu'il y a 20 ans.

 

Mais c'est vrai que ca prend du temps. Ca demande de la réflexion et des discussions. De la lecture. Ca ne se fait pas en un jour. C'est un travail au quotidien. Et c'est loin d'être une science exacte...que d'erreurs j'ai pu commettre en pensant faire au mieux!

 

C'est comme ça que je les aime, plus que tout.

 

Et toi, comment tu les aimes plus que tout, tes enfants?

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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 05:37
2 mois de DME: test et avis.

La DME, je t'en ai déjà parlé ici, c'est la diversification menée par l'enfant. Je peux juger des avantages et inconvénients vu que mes deux premiers diablotins ont été diversifiés plus classiquement.

Aujourd'hui à 8 mois, Polochon n'a que deux mois de diversification derrière lui. Et pourtant il gère comme un chef.

 

Comment ça marche?

 

A partir du moment où l'enfant tient assis, soit vers 6 mois environ, on peut commencer. On introduit les aliments, non pas en purée, mais en morceaux. En gros morceaux. Voire entier.

Et on laisse l'enfant manger seul. C'est vachement simple, en fait.

 

Pourquoi c'est chouette?

 

Pour plein de raisons. 

Avec la DME, l'enfant est actif et développe des tas de compétences sympa. Découverte autonome de la nourriture, des textures, des goûts. Motricité. Gestion de son appétit et de ses besoins nutritionnels. Bref, au lieu d'ouvrir la bouche passivement pour avaler toujours la même chose, de la purée, bébé s'éclate et est acteur de sa diversification. Il est avec le reste de la famille pendant les repas.

Quand on essaie, comme nous, de respecter le rythme de développement de l'enfant et ses besoins, la DME semble plus logique que les purées.

 

D'un point de vue pratique: pas besoin d'un robot spécial, et un gain de temps pour la préparation des repas. Pas de mixage, pas de séparation de pots...enfin si on les prépare soi meme. Sinon, bonjour les économies en prime.

Alors qu'en diversification classique, on doit choisir entre nourrir bébé et se nourrir soi même, en DME on mange tous ensemble. Pour nous c'est un sacré plus et un gain de temps non négligeable. Je me souviens que le repas de Cromignon pouvait durer facile une bonne demi heure, sans compter le temps de préparation et de nettoyage.

 

Et les moins?

 

Le côté salissant de la DME ne me dérange pas: un bébé qui se nourrit seul, c'est salissant en général. Que ce soit à 8 mois ou à 15. Un coup d'éponge et de serpillière, un coup de gant de toilette et éventuellement un change de vêtements si le bavoir n'a pas tenu le coup, et voilà.

Mais je comprends que si on est maniaque...ce soit un souci!

 

Ce qui est embêtant pour moi ce sont les déplacements. Il me semblait plus facile de trimballer un pot de purée, de le donner rapidement à la cuillère à bébé, que ma boite avec un brocolis cuit vapeur et une pomme de terre. Ensuite il faut installer bébé de manière à éviter le carnage chez les amis, ou si on mange en pique nique c'est encore autre chose. Bref, hors de chez nous ou en voyage c'est encore un peu compliqué.

 

Mais je trouve que ces petits inconvénients pratiques ne sont rien par rapport au plaisir de Polochon de manger seul, à table avec sa famille...

 

Et toi, tu connais la DME?

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 05:47
RIE (éducation respectueuse): tu n'es pas obligé!

Aujourd'hui, un coup de gueule. Oui, des fois, j'en ai un peu marre, de la négativité.

 

Il y a presque un an, Maman Mymou m'a gentiment fait découvrir l'éduation respectueuse, RIE en anglais.

 

Notamment en ce qui concerne la gestion des crises de colère de Cromignon, ça a changé notre vie.

 

Pourtant, il n'y a rien d'extraordinaire au final. Je veux dire pas là que ce n'est pas une refonte totale de notre manière de faire, mais une avancée plutôt.

 

Il y a un certain nombre de choses qui ne vont pas de soi dans notre tête, parce qu'on n'a pas été élevés ainsi.

L'idée de ne plus punir, même en mettant au coin, est une de ces choses difficile à accepter et à envisager, par exemple. Pourtant concrêtement c'est simple et efficace en ce qui concerne le respect des règles par les enfants.

 

Une autre chose qui a été difficile pour moi, ça a été de ne plus focaliser sur les "petits trucs" gênants. Par exemple le fait que Cromignon ait tendance à gigotter sur sa chaise à table. Ou sur le fait qu'il puisse balancer "Tu es méchante, maman!" quand il est en colère.

Pourtant là aussi ça marche: moins je focalise, moins ça devient un souci dans ma tete et dans la sienne, moins il le fait.

 

 

Avant, je pouvais le mettre au coin 3 fois par jour pour un "tu es méchante". Mantenant il ne le dit plus du tout quotidiennenment. C'est devenu vraiment rare. Quand ça arrive, ça ne m'énnerve plus. Pourquoi? Parce que j'ai compris que le respect dans sa tête de 3/4 ans n'existe pas, et que ce que j'interprète comme un manque de respect n'est qu'une manifestation de sa colère, elle-même saine expression de ses émotions.

 

Du coup, "not a big deal", je lui fais remarquer les rares fois ou ça arrive que je préfèrerais qu'il ne me dise pas ça, c'est tout. Il ne le repète même plus. Avant il allait le hurler, depuis le coin, pendant 20 minutes.

 

Pour arriver à pratiquer l'éducation respectueuse, c'est à la fois simple et compliqué.  

 

Simple, parce qu'on a des conseils "concrêts", applicables aux situations du quotidien, problématiques ou non, et voilà.

 

Compliqué, parce que ça demande de réfléchir sur ses pratiques, de se remettre en question, de remettre ses propres parents en question, et de canaliser ses propres émotions. En clair et en bref, il faut avoir un peu de recul, être convaincu que c'est la bonne manière de faire. Et aussi ne pas considérer RIE comme un "truc" pour gérer les gamins "difficiles". C'est une approche globale.

 

La chance que j'ai eue, c'est qu'on était déjà bien avancés dans cette direction. Il a juste fallu faire tomber quelques barrières mentales.

 

 

Aujourd'hui je suis ravie de l'ambiance qui règne à la maison, et dans ma tête. Oui, c'est parfois tendu. La grande et le petit se chamaillent, Cromignon fatigué frappe le chien, Cromignon  frustré tente de mordre sa soeur, etc. Bien sûr, je ne vis pas dans la maison de Barbapapa. Aucune "méthode éducative" ne changera le caractère des enfants. On peut simplement mieux vivre tous ensemble, sans cris, sans énervement, en acceptant les difficultés, en acceptant qu'il faille être patient. Pas de miracle possible, il faut de la constance, de la répétition.

 

Ce qui a fondamentalement changé, c'est que maintenant j'ai un "process" pour chaque situation, qu'elle soit "tendue" ou non. Je sais ce que j'ai à faire, je sais comment gérer. Je suis rassurée quant à ma capacité à résoudre les problèmes. Je me sens détendue avec mon Cromignon. Mon état d'esprit est completement différent.

 

 

Le point représentatif qui montre bien que tout va beaucoup mieux, c'est que nous mangeons tous ensemble, dans la joie et la bonne humeur. Ca n'était plus arrivé depuis des semaines.

 

Bref, je suis convaincue que l'éducation respectueuse nous a vraiment fait évoluer dans le bon sens, et ça a été vérifiable dès le premier jour.

 

 

Du coup, je suis ravie, j'en parle, je partage. On m'a aidée, je me dis que je peux en aider d'autres, même si je ne me permet pas de donner des cours, je débute à peine, bien sûr.

 

 

Et j'en ai assez que trop de personnes m'opposent des raisons toutes faites sans avoir réfléchi.

Certains vont même jusqu'à dire qu'ils n'ont pas à lire quoi que ce soit, parce qu'ils ont du bon sens. Je me suis fatiguée à lire, moi, ça prend du temps, de l'énergie, c'est vrai. J'ai du bon sens aussi à la base pourtant, enfin je crois. Mais ça ne suffisait pas. Je ne savais pas malgré tout mon soi-disant bon sens qu'il y avait une alternative à l'éducation punitive, autre que le laxisme.

 

Beaucoup m'opposent le temps, alors que RIE me fait gagner un temps fou.

Ben oui, mais il faut réfléchir, établir des stratégies, lire un peu pour comprendre les bases. Tâtonner, essayer, réfléchir, discuter, recommencer. Gueuler un bon coup et mettre des baffes, c'est plus expéditif.

 

D'autres me questionnent, je répond tant que je peux, j'aiguille sur le blog de Maman Mymou et celui de Janet. Pour qu'ensuite soient catalogués "RIE" des trucs pas du tout respectueux de l'enfant, mais punitifs, exagérés, incompréhensible pour des petits cerveaux. La base de RIE, c'est le sens , enfin je crois. La logique, sans disproportion.

Sans laxisme, sans rigidité non plus.

 

Le but de l'éducation respecteuse ce n'est pas de se faire obéir de l'enfant, c'est de vivre ensemble harmonieusement. 

 

Le bonheur qui en ressort m'a semblé valoir quelques heures de lecture, quelques questionnements, de la concertation, du recul.

 

En prime, ça devient très vite completement automatique, du coup ce temps "perdu" au début est vite regagné.

 

 

J'ai aussi du mal avec la notion de "perdre son temps" quand il s'agit d'élever nos enfants.

Oui ça demande du temps, au moins au début. Ou ca demande de l'investissement. Non, ce n'est pas naturel parce qu'on n'a pas été elevés ainsi. Mais oui, ça vaut le coup. C'est la clé du bonheur et de l'harmonie familiale, en tous cas chez nous. Si tu ne veux pas perdre ton temps à élever tes enfants...je crois qu'on va parler d'autre chose...

 

Alors quand j'entends "mais ci, mais ça..." de la part de gens qui voudraient en fait qu'on leur livre clé en main un gamin docile et obéissant, désolée d'être un peu gavée.

 

Et ceux qui, faute de réflexion et de lecture, n'ont rien compris et postent de fausses informations sur leurs pratiques pas du tout respectueuses "ahhhh j'ai fait ci et ça, c'est RIE pourtant ça ne "marche" pas du tout!!!!" effraient ceux qui voudraient peut être s'y mettre inutilement.

 

Alors tu sais quoi? Si ta vie familiale est difficile, que tu es désespéré, que tu ne sais plus comment faire avec tes enfants, mais que tu n'as pas vraiment envie de te lancer dans l'éducation respecteuse, reste dans ta mouise et n'en dégoûte pas les autres. Ton but non avoué n'est pas de vivre heureux, mais de te plaindre.

 

Si tu veux qu'on change tes enfants en plantes vertes, rends les à la maternité et va chez le fleuriste.

 

Si tu penses que les cris, voire les coups et les brimades sont efficaces, parfait pour toi. Le gars qui a mis son gamin de 3 ans dans une machine à laver jusqu'à ce qu'il en meure voulait le punir d'avoir été agressif à l'école, un comble. On reproduit ce que nos parents ont fait. Chacun fait ce qu'il veut chez lui, ce n'est pas mon problème. Ne viens pas voir ce que je fais chez moi, merci.

 

Si tu penses que tes parents t'ont crié dessus et mis quelques baffes, et que tu ne vas pas faire différement parce que "c'était mieux avant", parfait. Si ça "fonctionne" chez toi, tant mieux. On peut remonter loin comme ça, jusqu'à l'époque pas si lointaine où le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants, mais oui. Et pas au Moyen Age. Heureusement que d'autres ont été plus réfléchis et progressistes parce que sinon on en serait toujours là.

 

Si tu aimes critiquer, sache au moins ce que tu critiques: l'éducation bienveillante, positive, respecteuse, tu sais ce que c'est? Je ne pense pas. Critiquer sans connaître, un sport très répandu, hélas.

 

Il n'y a pas de manière idéale ou parfaite, et je ne détiens pas la vérité (hélas...), je ne suis qu'une imparfaite maman qui tente de faire de son mieux...comme nous toutes.

 

Billet un peu décousu désolée, je suis un peu furax.

 

 

 

 

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 05:51
Sur quoi lâcher prise? Education respectueuse (RIE).

La semaine dernière je te racontais comment on a mis en place un système de règles et de conséquences aux manquement aux règles selon RIE, l'éducation respectueuse.

 

Un point très important c'est de ne pas en avoir trop. Trop de règles crée un carcan autour de l'enfant qui a besoin de liberté pour s'épanouir, prendre des initiatives, se développer correctement.

 

Comment faire alors pour savoir quelles règles créer?

 

Avec l'homme, on s'est posés un peu et on a réfléchi.

 

Il y a plusieurs sortes de comportements qui nous gènent chez l'enfant.

 

  • Les comportements potentiellement dangereux. Ceux là font l'objet de règles, si l'enfant à tendance à les enfreindre bien sûr. donner la main en traversant la rue n'est pas négociable, mettre son manteau pour sortir quand il fait froid...

 

  • Les comportements socialement dérangeants. Arriver chez des amis et se mettre à sauter sur leur canapé avec ses chaussures pleines de boue n'est pas acceptable, par exemple. Ceux là font aussi l'objet de règles, si besoin.

 

  • Et les comportements ennuyeux pour nous mais qui font partie du développement normal de l'enfant. Ceux là ne doivent pas faire l'objet de règles, elles ne seraient ni applicables, ni productives, ni comprises par l'enfant, et surtout pas respectueuses de son développement.

 

Par exemple: jetter des objets encore et encore, patouiller à table ("on ne joue pas avec la nourriture" est sans dout l'un des précepte les moins RIE et le plus éloignés de la psychologie de l'enfant), gigoter à table, se mettre debout en mangeant (rester assis sans bouger pour un enfant de 2/3 ans c'est trèèèès compliqué), se mettre en colère ou bouder, grimper partout, vider des placards, jouer à l'eau en se lavant les mains et en mettre partout, salir et déchirer ses vêtements en jouant...liste non exhaustive!

 

Bien entendu il faut avoir un minimum de notions de ce que fait un enfant à tel ou tel âge, et pourquoi. La lecture d'un ou deux bouquin de psychologie de l'enfant ou de développement psycho-moteur n'est pas de trop.

 

Que faire alors? Lâcher prise, accepter que oui, son enfant a besoin de jetter 34 fois de suite son jouet et lui rendre à chaque fois. Oui, à table il met les mains dans la purée, la mélange avec la compote, étale le tout partout. Oui il rentre de l'école avec ses vêtements pleins de boue, il a joué à sauter dans les flaques, et c'est normal. Il y a des machines à laver pour ça. Oui il se met en colère parce que son bateau légo est détruit, et il balance ses légos partout. son système nerveux immature ne lui permet pas encore de gérer sans heurts ce genre de frustration.

 

Chez les PetitsDiables, on a choisi de laisser faire Cromignon, tout en lui signalant le désagrément causé: s'il mets de la compote dans l'eau par exemple, je lui dit que ça me déplait parce c'est du gâchis, qu'ensuite nous n'aurons plus de compote à manger. Mais je n'applique pas de conséquence "restrictive". S'il se lève sur sa chaise, s'il gigotte à table, je lui signale que c'est mauvais pour sa digestion, qu'il risque d'avoir mal au ventre. Mais pas de conséquences là non plus.

 

Avoir des enfants et les élever respectueusement, c'est aussi lâcher prise sur ce qui ne peut être évité dans leur développement normal, et l'accepter.

 

D'autres articles RIE ici chez moi, et ici chez Maman Mymou.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 05:16
Education respectueuse (RIE): le tableau règles et conséquences

Quand nous avons débuté l'éducation respectueuse (RIE) avec Cromignon, nous avons cessé de le punir et de l'envoyer au coin.

Mais pas de punitions, ce ne signifie pas du tout laxisme, ou permissivté. Au contraire, et je t'en parlais déjà ici.

Il y a des règles, elles sont stictes, et ne pas les respecter entraîne des conséquences.

 

Cependant si tu attends que l'enfant ne respecte pas la règle pour définir la conséquence, l'enfant ne sera pas prévenu. Tu vas hésiter. Tu vas établir dans l'urgence une conséquence qui ne sera pas forcément appropriée.

Du coup tu risques de passer à côté de l'objectif qui est de faire comprendre la règle à l'enfant, et qu'il la respecte.

 

L'enfant sent quand tu hésites, quand tu n'es pas sûr de toi, et ça l'angoisse: il a besoin que tu sois un roc, un pilier pour lui.

Alors, avec l'homme, on s'est posés un peu et on a réfléchi.

 

On s'est rendu compte que les situations "conflictuelles" étaient en gros toujours les même. Que les règles que Cromignon trangressait étaient toujours les même.

 

On a donc établi, au calme, un tableau des règles et les conséquence à leurs manquements.

Attention, il ne faut pas qu'il y en ait trop, sinon l'enfant risque de refuser d'évoluer dans un carcan règlementaire, et il aura bien raison. 5 ou 6 règles "strictes" devraient suffire à rendre le quotidien plus agréable. En tous cas ici, ça a été radical en ce qui concerne l'ambiance à la maison.

 

Je te fais profiter des règles de Cromignon, absolument dans aucun ordre.

 

Règle "des chaussons": On ne marche pas pieds nus.

Conséquence au manquement: On ne peut plus continuer de jouer, on ne peut pas se déplacer.

 

Règle "de l'heure du repas": On vient manger quand c'est l'heure.

Conséquence au manquement:Celui qui ne vient pas n'a pas faim. Donc j''enlève son assiette.

 

Règle "de l'agressivité": On ne frappe pas, on ne mord pas. (Tu peux rigoler).

Conséquence au manquement:: L'actvité en cours s'arrête. S'il frappe sa soeur pendant qu'ils regardent le dessin animé, j'éteins le dessin animé. S'il la frappe pendant un jeu, le jeu est fini et chacun part sur une activité différente. S'il fait des gestes agressifs à table, le repas est terminé et j'enlève son assiette.

 

Règle "de l'extérieur": si ça se passe mal quand on n'est pas à la maison, on rentre. Ca, c'et surtout une règle pour moi...

 

Ca ce sont les règles claires et précises, après il y a ce que j'appelle le bon sens quotidien: on ne sort pas sans être suffisement couvert par exemple. MAis comme ce n'est pas un problème récurent chez nous, on n'en n'a pas fait une "règle".

 

Une fois qu'on a bien tout cadré et délimité, on est sûrs de nous, on sait aussi qu'on réagira de la même façon tous les deux, c'est plus cohérent. On aura la même réponse à chaque fois, pour plus de sens, et plus d'hésitations sur la conduite à tenir!

 

Cromignon a sauté de joie, étonnament, quand on les lui a lues: "chouette maman, des règles!!!!".

 

Quand il y a manquement à la règle, je la lui rappelle avec sa conséquence, une fois, et si elle n'est pas appliquée, je ne répète pas: j'applique.

 

 

Alors, tu en fais un, tableau des règles et conséquences?

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 05:05
Le point final: éducation respectueuse (RIE).

Un point important dans l'éducation respectueuse, ou RIE, c'est le fait que l'adulte soit le référent de l'enfant. L'image que Maman Mymou m'a apprise, c'est celle du rocher dans la tempête.

 

Au coeur de la crise, de la plus grosse colère, j'ai appris à me comporter en "chef d'entreprise", avec des process bien précis et définis, un tableau des règles, et les conséquences à leur manquement.

 

Pour instaurer tout ça, pour sécuriser l'enfant, il y a un détail absolument essentiel.

La manière et le ton avec lesquels on parle.

 

L'enfant a un énorme besoin de s'appuyer sur son parent, l'adulte se doit d'être sûr de lui, d'avoir les réponses claires et précises.

Être sûr de soi, ça s'entend.

 

As tu remarqué comme souvent, nos phrases se terminent par "ok? "d'accord?" ou une intonation interrogative, quand on parle à nos enfants?

Pourtant, on ne leur demande pas leur permission finalement!

 

"C'est l'heure, tu viens prendre ton bain?"

"On va manger, d'accord?"

"Viens mettre ton manteau, ok?"

Quel parent n'a pas parlé comme ça à ses enfants...

 

Mais cette manière de formuler les choses, c'est angoissant et insécurisant pour l'enfant qui se retrouve dans la situation de conforter l'adulte, au lieu du contraire.

Avec un petit bonhomme comme Cromignon c'est la crise assurée.

 

Parce qu'il risque bien de répondre "non", rien que pour voir, montrer sa désaprobation, voire le mal-être que mon attitude engendre chez lui...et après? Crise, colère, liée à cette angoisse de la toute-puissance, car l'enfant n'aime rien moins que se sentir investi de ces désisions. C'est l'adulte qui rythme la journée, qui décide de ce genre de choses "nécessaires": bain, nourriture, habillement...

 

Bien sûr, on peut laisser à l'enfant une marge de manoeuvre, comme de choisir entre deux manteaux par exemple. L'impliquer dans la prise des décision le rend aussi plus autonome, il se sent actif et non passif, c'est bien plus gratifiant.

 

On peut même l'amener à prendre lui même la bonne décision:

"Cromignon, on va sortir. Regarde par la fenêtre, quel temps fait-il?"

"Oh, il pleut maman!"

"Qu'est ce qu'on met quand il pleut?"

"L'imperméable rouge! Je l'adore!"

Et il court chercher son imper dans l'armoire pour le mettre lui même.

 

Mais je reviens à ma phrase "on sort, tu mets ton manteau?"

Depuis qu'on pratique RIE j'ai appris à dire "On sort. Tu vas mettre ton manteau." Avec un point final.

Ce n'est pas une question.

 

Parce que je suis sa maman, parce que je sais qu'on ne sort pas sans manteau au risque de prendre froid, parce que je suis garante de ce genre de choses, parce que ce n'est pas quelque chose de discutable.

 

Sécuriser l'enfant, le rassurer, c'est aussi lui montrer par notre façon de parler qu'on est sûr de nous, parce qu'on sait ce qu'il faut faire, on connait la réponse, on prend la bonne décision.

 

Être sûr de soi et le faire entendre, c'est une des bases de l'éducation respectueuse.

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:22
Le "non mais oui" ou comment l'enfant comprend les limites.

Aujourd'hui je te parle non pas RIE-éducation respectueuse, quoi que bien sûr cette approche soit très respectueuse je pense, mais comment on a appris aux diablotins ce qu'ils avaient le droit de toucher, et le reste.

 

Tout est parti de la lecture de ce bouquin que je te recommande: "J'ai tout essayé", de Filliozat.

J'y ai compris comment l'enfant comprend certaines choses, complètement à l'opposé de que pense l'adulte.

 

Le cas pratique, ce sont les placards de la cuisine. Mais on l'a adapté partout, pour les prises électriques, les autres placards de la maison, etc.

Dans la cuisine donc, il y a plusieurs placards à la portée de Cromignon. Certains contiennent des choses dangereuses, comme les produits ménagers, ou fragiles, comme les saladiers et moules en verre. D'autres contiennent des choses pas dangereuses du tout et même carrément ludiques pour un enfant, comme les tupperwares par exemple.

 

Ici tu dois faire la différence entre dangereux et gênant pour toi. Certains ne voudront pas que leur enfant joue avec les casseroles par exemple. Mon attitude c'est de lâcher du lest. Quand on a des enfants, ce n'est pas pour que la cuisine soit parfaitement rangée, et la découverte du monde qui les entoure fait partie de notre job de parents. Empecher un enfant de triffouiller un peu, sans danger aucun, juste pour ne pas avoir à ranger après, c'est un peu dommage, et ça l'empèche de découvrir, de s'éveiller, de s'amuser...et à toi de faire la vaisselle tranquille pendant ce temps!

De plus, entourer l'enfant d'interdits "de confort" le met dans une situation où il n'a pas droit d'évoluer librement, mais dans la frustration.

Donc lâcher un peu sur certains trucs permet une meilleure harmonie, pour tout le monde.

 

Pour les placards donc, chez nous il y en a deux qui ne sont pas dangereux dans la cuisine: celui des casseroles et celui des tupperwares.

 

Concernant l'interdiction en elle-même et le fait que souvent, les parents disent: "je lui dis non, il me regarde et le fait, il me défie!", j'ai appris un truc hyyyyyyper important!

Non, ton enfant ne te défie pas! il demande juste une confirmation. Voilà ce que ça donne dans sa petite tête, s'il pouvait l'exprimer:

-"Non ne touche pas à ça, c'est dangereux".

L'enfant te regarde dans les yeux et touche le truc en question. Ca signifie en fait:

-"ça, papa? C'est bien ce truc que je ne dois pas toucher et qui est dangereux?"

 

Et c'est tout. Aucune "provocation" de sa part.

Quand à ce moment là le parent s'emporte "mais je viens de te dire de ne pas toucher à ça!!!", je te laisse imaginer l'incompréhension de l'enfant.

 

En pratique, comment ça se passe?

 

Je suis en train de faire la vaisselle. Cromignon (14 mois), se balade. Il ouvre le placard des produits dangereux. J'arrive, je m'accroupis, je lui dit"ce placard contient des produits dangereux. Je ne te laisserais pas y toucher car tu risques de te faire très mal. Mais ce placard-là, tu peux l'ouvrir" et je l'emmène ouvrir le placard à tupperwarres.

Il trifouille dedans puis se tourne vers celui des assiettes. Je réitère.

Etc. Certes ça peut prendre du temps, selon l'enfant, son âge, etc. Plus de temps que de mettre des bloque-porte. Mais c'est aussi bien plus éducatif. Aujourd'hui Cromignon ne fouille jamais dans les placards interdits, n'a jamais touché une prise, et quand je prends bien le temps d'assortir une interdiction par une ouverture, il comprend tout de suite et accepte la règle. Je n'ai jamais mis de bloque-porte nulle part chez moi.

Bien sûr, on n'est jamais à l'abri d'une connerie un jour, même s'il n'y en a jamais eue, mais j'ai choisi de faire confiance à mon fils et à notre éducation. De toutes facons à son âge il pourrait ouvrir les bloque-portes s'il le souhaite, et j'ai pléthore d'exemples d'enfants qui ont bu le liquide vaisselle ou autre javel malgré les bloques-portes.

 

Je tente depuis d'ouvrir les interdits, autant que possibel: "ne marche pas sur le bord de la rivière, c'est dangereux et ça me fait peur car tu pourrais tomber. Sur ce côté-là, tu peux marcher et même courir".

Etc...

 

C'est une façon d'aborder les interdictions un peu différente, mais tellement harmonieuse!

 

Et toi, comment tu fais pour les interdictions?

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:50
Brève de CDI: RIE (éducation respectueuse) au collège.

Je travaille dans un collège difficile, classé sensible, zone violence, etc.

Parfois c'est mouvementé, et c'est souvent agité.

 

Un des points noirs, c'est la circulation dans les couloirs.

 

Souvent les élèves y sont ingérables.

 

Avec mon travail, je vais souvent chercher des classes dans leur salles après les sonneries, et je les amène dans mon CDI pour telle ou telle activité.

Les canaliser dans le couloir, c'est quelque chose. Et si je n'y arrive pas, c'est clairement craignos, vu qu'il n'y a que nous dans le couloir, les autres classes sont déjà au travail.

 

Ce que je leur demande, c'est de descendre en rang, d'un bloc, sans s'étirer tout au long du couloir, et bien entendu silencieusement.

Ahah.

 

Un jour, je devais aller chercher une classe particulièrement...hem...pleine de vie, dirais-je gentiment. Si tu veux je t'expliquerais méchament, ou réalistement, mais en privé!

 

Je suis montée, j'ai sortis les affreux dans le couloir, je les ai rangés manu militari (ce qui vu mon gabarit et celui des élèves requiert un physique sportif, crois moi).

 

J'ai avancé de 2 cm, et c'était déjà le bordel derrière moi.

Alors je me suis dit: "et si je tentais juste de leur expliquer?"

 

Parce qu'on part tous du princpe que les élèves savent le pourquoi des règles. Mais on se trompe. Les mots sur les choses, c'est toujours un sacré plus en éducation. Même si ça semble évident.

 

J'ai sorti mon plus beau sourire, et je leur ai demandé s'ils savaient pourquoi on leur demandait d'avancer en rang sans faire de bruit.

J'ai récolté un silence...

 

Je leur ai donc expliqué, en les regardant tour à tour dans les yeux, en souriant, d'une voix douce et posée les raisons de ces règles.

J'ai cru déceler des lueurs dans leurs regards, sisisisi. Rien que le fait de leur parler comme à des êtres humains normalement contitués, crois-moi, ça les a scotchés. Un adulte au collège qui ne leur hurle pas dessus, ça change! Même moi j'étais étonnée par le propre son de ma voix!

 

Je tu promets que je suis descendue jusqu'à mon CDI avec un groupe en rang, calme et aussi silencieux que possible.

Je sais bien que la nouveauté marche toujours, ou presque, et que ce sera sans doute one shot, mais je t'avoue que j'étais moi-même bluffée. Et je vais recommencer!

 

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  • : Ancienne parisienne partie au bout de la France, je raconte mon petit bout de chemin. A la maison, nous sommes 5, Polochon, le Cromignon, la Pouillette, l'homme et moi. Ca en fait des histoires! Adepte du portage, des couches lavable, de l'éducation non-punitive, du no-poo, des cosmétiques clean, maman allaitante mais pas militante, randonneuse dans l'âme et dans les pieds, et plein d'autres trucs encore...
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